Lorsque l’art se met au féminin

Lorsque l’art se met au féminin

C’est devenu une habitude. L’ancienne médina d’Assilah se marie avec les couleurs à l’occasion du huitième Moussem féminin artistique, culturel et international de la ville, qui prend fin, aujourd’hui, vendredi 19 mars. A cet effet, des femmes peintres plasticiennes, sculpteurs et artisanes marocaines, arabes et étrangères se réunissent pour présenter et débattre de leurs œuvres artistiques. Cette huitième édition qui connaît la participation des femmes diplomates et autres créatrices dans différents domaines «est placée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI. Cette initiative qui a été soutenue par Feue SAR la Princesse Lalla Fatima Zohra, première présidente d’honneur et fondatrice de notre Association, s’est développée au fil des ans», confie Wafaa El Houdaybi, présidente de l’Association marocaine des créatrices contemporaines, organisatrice de ce huitième Moussem.
A l’instar des éditions précédentes, plus d’une trentaine de peintres plasticiennes et sculpteurs sont venues de différents pays pour participer à cette manifestation. La plupart d’entre elles ont tenu à être présentes le jour du vernissage de leur exposition collective qui a eu lieu la première journée de l’ouverture de ce Moussem. «Nous voulons à travers cet événement partager notre passion et savoir-faire avec le public», affirme Mme El Houdaybi. Parmi les participantes à cette exposition collective, il y en a qui sont devenues des personnages familiers de la ville d’Assilah. Il y a lieu de citer entre autres les artistes-peintres Amina Rmiki (Maroc), Samira Abouhassan (Palestine), Amal Nasr (Egypte) et Nadia Lzreq (Maroc). Alors que d’autres jeunes artistes plasticiennes et sculpteurs participent pour la première fois à ce Moussem féminin et artistique. Et comme c’est le cas de l’artiste peintre et poétesse tangéroise, Sanae Fquih Regragui et la jeune peintre plasticienne sahraouie, Zainaba Ahl Nador. «J’ai l’habitude de participer à des expositions collectives organisées particulièrement dans les provinces du Sud. Cela m’a permis de rencontrer des artistes-peintres, aussi bien marocains qu’étrangers et d’enrichir mon expérience artistique. Et ma participation à ce Moussem m’aide à nouer des relations avec des artistes-d’autres régions du Royaume et ceux venus de l’étranger», dit-elle. Et de faire remarquer que «je profite de ma participation à ce Moussem pour faire connaître grâce à mes toiles les habitudes de la femme sahraouie, qui a réussi à défier les anciennes traditions et coutumes et réaliser de grands exploits dans les différents domaines». Selon les organisateurs, ce huitième Moussem vise à rendre un vibrant hommage à la femme rurale au Maroc. «Nous étions parmi les premières associations à aller à la rencontre des femmes rurales dans les régions enclavées. Nous avons contribué à y créer des coopératives des femmes artisanes. La plupart d’entre elles ont l’habitude de participer, chaque année, à ce Moussem», avant de poursuivre que «nous essayons de garder nos contacts avec les femmes rurales dans les zones enclavées. Nous appelons ainsi les responsables à doter ces régions en infrastructures routières pour faciliter leur désenclavement». La participation des femmes rurales à ce huitième Moussem se distingue par leur exposition collective de leur production artisanale. Le public est invité à y admirer les produits de tissage de la province de Khénifra et des articles d’artisanat de la région du Nord. «Nos produits sont réalisés pratiquement grâce à un travail manuel. Nous étions les plus visitées lors de la précédente édition. Nos produits d’artisanat dont le tapis (hanbal) ont été très appréciés par le public. Ce qui nous a encouragé à prendre part pour la deuxième fois à ce Moussem», précise la présidente de la coopérative artisanale Nour à Khénifra, Mina Boutoutl. Cette dernière ajoute que «nous avons participé à un nombre important d’expositions au Maroc. Et nous venons de prendre part à une autre exposition organisée en Espagne», avant de continuer :  «j’ai pu ainsi suivre des ateliers de formation organisés à Marrakech. J’ai bénéficié d’une autre formation dans l’Université Al Akhawayan à Ifrane».
Les visiteurs ont découvert grâce à cette exposition collective la grande imagination, l’habileté et la créativité dont se distinguent les femmes rurales au Maroc. «Nous avons hérité ce métier de nos mères. Nous apprenons à tisser dès notre enfance. Nous avons réussi au sein de notre coopérative à adapter nos produits au goût des clients. Notre idée a plu tant aux exposantes qu’aux visiteurs», explique Fatna Zagouri, présidente de la coopérative artisanale Tourziane d’Agelmous (province de Khénifra). Outre le tapis berbère, cette exposition collective présente le tapis digital réalisé par les deux artistes-peintres allemands Margerita Manev et Paco F. Parado et l’artiste tapissière marocaine Saadia Kibari. «Leur objectif est de créer un tapis numérique narrateur», selon les responsables de Goethe-Institut Rabat-Casablanca, qui a financé ce projet de tapis digital.Comme le veut la tradition, une collection de caftans modernes et classiques a été présentée, mardi 16 mars, par la jeune styliste zaïlachie, Sara Melihi en marge de ce huitième Moussem des créatrices. «J’ai présenté mes derniers modèles de caftans, takchitas et djellabas qui reflètent mon style. Je présente à travers ma nouvelle collection un mélange entre modernité et tradition dans la haute couture», dit-elle. Selon Mme El Houdaybi, ce Moussem vise en premier lieu le renforcement de la créativité de la femme rurale dans la production artisanale. « Nous continuons à organiser des visites pour rencontrer des femmes rurales à travers le Maroc. Nous ambitions d’y créer des musées pour exposer leurs produits d’artisanat. Nous pouvons ainsi contribuer à la protection d’une partie de notre patrimoine», conclut-elle.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *