M Barek Housni : Un recueil de nouvelles pour apprivoiser l étrange

M Barek Housni : Un recueil de nouvelles pour apprivoiser l étrange

ALM : «L’étrange ne tue pas». Qu’est-ce qui vous a décidé à opter pour ce titre?
M’Barek Housni : Tout simplement parce que les textes que j’ai écrits dans cet ouvrage sont imprégnés d’étrange. Les nouvelles contenues dans le recueil ont pour thème des sujets qui ne sont pas réalistes. Et en général, je choisis toujours des thèmes où il y a un peu de mystère et qui sortent un peu de l’ordinaire. Bien évidemment cette tendance n’est pas due au hasard, elle est venue de mes lectures. J’ai beaucoup lu pour des écrivains éminents comme Borges connu pour être le maître du merveilleux.
Dans mes écrits, il y a aussi une récurrence des thématiques du double, du miroir, de labyrinthe, voire de solitude profonde et existentielle. Tout cela confère à ces nouvelles un air d’étrange. C’est vrai que l’étrange rebute, mais il peut être beau et attirant.
Pour le choix, j’ai joué sur les mots parce que « L’étrange ne tue pas » vient de la formule célèbre « Le ridicule ne tue pas », alors je l’ai transfigurée et travestie pour dire qu’on peut apprivoiser l’étrange.

Mais à lire vos nouvelles, le lecteur recèle du vécu. Alors comment avez-vous fait pour associer l’abstrait au quotidien?
Quand je parle d’étrange cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de relation avec la réalité. Toutes les nouvelles sont basées sur des sujets ordinaires mais c’est la manière dont je les ai traitées qui a donné un caractère étrange à cette réalité. Quand un homme se voit dédoubler dans une situation donnée c’est ça l’étrange qui part d’un fait réel. Et comme je vous ai dit toutes ces nouvelles sont soit l’origine d’une autobiographie, soit le résultat de mes lectures.
 
En effet, l’influence de lecture se voit à travers le recours à Kafka et d’autres auteurs?
C’est parce qu’ils sont les maîtres de l’étrange. Tous les nouvellistes du monde y ont recours. Et à  travers la lecture de leurs œuvres j’ai pu me créer mon petit monde à moi. Par exemple dans la nouvelle que j’ai écrite «Le chapeau de Kafka », ce sont des idées lumineuses qui me sont venues d’après mes lectures du journal de cet auteur qui portait un chapeau dans ses photos célèbres, ses lettres à Milena, une très belle femme tchèque. Quant à la fin de ma nouvelle, j’ai tout amalgamé pour aboutir au cafard retrouvé par Milena sous le chapeau. Ceci en tirant profit de mon expérience et de ma technique consistant à surprendre mes lecteurs en racontant des faits.

Qu’en est-il de la mention de villes comme Tamanar et Azilal à la fin de chaque histoire. S’agit-il de nouvelles écrites dans ces cités ou de faits qui y sont survenus?
Vous savez mon métier d’enseignant m’a permis de faire trop de voyages et l’itinérance a joué un grand rôle dans mes écrits. J’ai passé sept ans à Azilal et pas mal d’années à Beni Mellal. Quant à ces nouvelles, elles ont été écrites dans ces villes qui ont influencé ma personne et mes écrits. De plus, quand je voyage l’écriture se voit aiguiser en moi. Azilal, par exemple, regorge de montagnes et jouit d’une culture amazighe extraordinaire. Alors ma sensibilité a été touchée. Et j’ai fait exprès de citer ces villes parce que je voulais leur rendre hommage. De plus, Azilal est une ville où on peut vraiment créer de par la magie de la culture, des gens, de la géographie et du climat. 

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