Maghraoui : l’art de la rigueur

Maghraoui : l’art de la rigueur

Allure simple, regard interrogateur, Mohamed Maghraoui n’est pas de ceux qui prennent la vie à la légère. Cet artiste, qui possède plus d’une corde à son arc est loin de prôner la simplicité. Ceux qui le connaissent et le fréquentent tels le réalisateur Hassan Benjelloun et Aziz Salmy l’avouent. Ils le trouvent d’un tempérament certes difficile, mais sincère. «C’est un garçon gentil, il met du cœur dans tout ce qu’il entreprend», déclare Aziz Salmy.
Ce réalisateur sait bien de quoi il parle, puisqu’il a eu l’occasion de travailler à ses côtés. «C’est Maghraoui qui a réalisé les décors de mon dernier court-métrage «Aïda» présenté au huitième Festival national du film à Tanger». Pour le décrire, le cinéaste ajoute «c’est quelqu’un d’honnête et de très humain, même s’il a une façon de parler très franche». Ce franc-parler est mal apprécié par certains de ses amis. «Les gens ont du mal à le comprendre, ils le trouvent très direct et cela les gêne», déclare Hassan Benjelloun, un autre réalisateur avec qui Maghraoui a étroitement collaboré. «Il a joué dans mon film «jugement d’une femme» et il a collaboré avec moi en tant qu’assistant dans mon dernier téléfilm «Juste pour les couples».
De sa part, Mohamed Maghraoui est très conscient de ce trait de caractère qui lui cause souvent plusieurs problèmes. «Je ne mâche pas les mots, j’aime être direct et les gens que je fréquente perçoivent cela mal». Mais ce n’est pas pour cette raison que ce natif de Fès va changer. «Je resterai tel que je suis : véridique». Ce comédien s’est familiarisé avec le monde de l’art et du cinéma lorsqu’il était encore enfant dans un orphelinat de sa ville natale. «Lorsqu’on partait dans des colonies de vacances, on me désignait toujours pour faire de l’animation et chanter dans les chorals».
Lorsqu’il quitte Fès pour Casablanca, l’intéressé travaillait en tant qu’encadrant dans une Maison de jeunes au quartier Bournazil. «J’encadrais des pièces de théâtre». Par la suite, il  prendra des cours de marketing par correspondance avec une école française. C’est de là qu’il tient son côté de gestionnaire. Un aspect très apprécié par plusieurs réalisateurs et metteurs en scène qui lui demandent d’effectuer des séances de casting.
Une tâche pas aussi évidente qu’elle ne paraît, puisque c’est une mission difficile à mener. C’est de l’avis même de Mohamed Maghraoui. «Un artiste n’est pas une “étiquette”, il doit avoir des valeurs et mériter le rôle qu’on décide de lui octroyer».  Il y a des jours de casting plus difficiles que d’autres. «Un jour, j’ai dû auditionner 250 personnes durant trois jours au complexe Sidi Belyout».
Un autre exemple pour démontrer le caractère rigoureux chez cet artiste. «Mais malheureusement, les gens n’aiment pas la rigueur». Avant de se lancer dans le casting -qu’il a appris aux côtés d’Ahmed Boulane et d’Ahed Bensouda- Mohamed Maghraoui a joué plusieurs rôles dans des productions américaines et autres françaises. «J’ai joué, entre autres, dans les films «Marie de Nazareth» de Jean Delannoy, «The land Beyond the sea, de Dominique Othenin Gérard» et «Jésus Vidéo» de Christian Becker». C’était la belle période de Ouarzazate où l’acteur a fréquenté plusieurs grosses pointures du cinéma et où il s’est familiarisé davantage avec le septième art».
Aujourd’hui, le combat de l’acteur se situe sur un autre front : celui de la pédagogie. Il vient d’initier avec Abdelkrim Jalal, un professeur de musique le Festival du cinéma scolaire qui aura lieu les 10 et 11 mai. Objectif: «développer chez l’artiste son côté sensible et le pousser à s’instruire davantage pour évoluer». Un autre rôle que Maghraoui se donne comme mission d’incarner d’un esprit responsable.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *