Mahi Binebine retrouve les cimaises

Mahi Binebine retrouve les cimaises

Mahi Binebine est décidément un artiste ne cesse pas d’étonner. Son parcours est atypique: professeur de mathématiques à Paris, il a décidé, à la fin des années 80, de quitter l’enseignement pour se consacrer à l’écriture et à la peinture. Ses romans l’imposent comme l’un des plus vigoureux écrivains marocains de langue française. Sa peinture l’a fait immédiatement entrer dans des collections prestigieuses. Le Guggenheim Museum de New York a acquis ses tableaux. Et voilà que Mahi Binebine, cet «infatigable travailleur», dévoile ses travaux de sculpture et de lithographie des activités non sans conséquence sur son œuvre qu’il expose avec de récents tableaux du 21 octobre au 10 novembre à «L’Atelier 21». «Ma  curiosité me pousse à m’intéresser à divers langages plastiques. Je faisais auparavant des hauts-reliefs, mais j’ai toujours voulu passer à la 3ème dimension. Je me suis donc mis à la sculpture depuis une année. Aussi la lithographie constitue pour moi un support très intéressant vu que son prix est plus accessible pour un large public et les collectionneurs», a indiqué à ALM Mahi Binebine. Et d’ajouter: «Il s’agit dans cette exposition d’un travail que je montre  pour la première fois. Ce qui frappe le plus dans la série des tableaux présentés dans cette exposition, c’est la dédramatisation du sujet de la peinture par des tons moins volcaniques, moins intenses, moins exacerbés. La peinture est dépouillée, plus douce, quasi-pastel», explique Aziz Daki, fondateur de la galerie. Selon ce dernier, la dédramatisation du sujet des peintures de Mahi Binebine n’est pas seulement affaire d’évolution ou de maturité. Elle s’explique sans doute aussi par cette nouvelle forme qui passionne l’artiste : la sculpture.
Mais Binebine, comme il l’indique lui-même, raconte toujours l’homme. «Dans cette exposition, on retrouve les personnages qui ont toujours occupé mes œuvres notamment les petites gens, ceux des pateras, ceux qui existent aussi dans mes romans entre autres…», déclare l’artiste. «Il est probable qu’il existe une corrélation entre la nouvelle série de tableaux de Mahi et ses œuvres sculptées. L’artiste a trouvé une nouvelle forme d’expression pour distordre, agresser, dérégler la réalité. Ce que la peinture a perdu en intensité, la sculpture l’a gagné. La dramatisation s’est déplacée d’une forme à une autre. La peinture n’en est que plus apaisée», affirme M. Daki.
Mahi Binebine est né en Il Mahi Binebine a longtemps vécu et travaillé à Paris, New York, Madrid et Marrakech, avant de s’établir définitivement dans la ville ocre en 2002. C’est à Marrakech qu’il trouve la cire d’abeille et les pigments naturels qui confèrent une transparence unique à ses tableaux. La renommée de Mahi Binebine dépasse les frontières du Maroc. Il expose régulièrement dans de prestigieuses galeries en Europe. Il demeure à ce jour le seul peintre marocain dont une œuvre a été adjugée à plus d’un million de dirhams dans une vente publique. Par ailleurs, Fondée par Aïcha Amor et Aziz Daki, la galerie d’art «L’Atelier 21» ambitionne de tenir une programmation équilibrée entre des peintres historiques, de jeunes artistes et se positionner comme une galerie qui défend et diffuse l’art contemporain. Selon les organisateurs : «La galerie d’art “L’Atelier 21” ne montrera pas seulement des valeurs reconnues, mais prendra des risques en présentant de l’art contemporain. La saison 2008-2009 sera ponctuée par des expositions d’artistes qui n’ont jamais montré leurs travaux auparavant à Casablanca».

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