Majid Bekkas : «Jazz au Chellah initie la rencontre musicale entre l’Europe et le Maroc»

Majid Bekkas : «Jazz au Chellah initie la rencontre musicale entre l’Europe et le Maroc»



ALM : Quels seront les temps forts de la 14 ème édition du Festival Jazz au Chellah ?
Majid Bekkas : Comme à chaque édition, Jazz au Chellah propose un menu varié où il est question durant chaque soir des cinq jours de ce festival, d’un concert de jazz et d’une rencontre. Ces rencontres se produisent entre des musiciens européens de jazz et des Marocains qu’ils fassent de la musique traditionnelle ou du jazz. L’ouverture du festival aujourd’hui (11 juin) sera marquée par la rencontre entre l’Afro-Cubain Omar Sosa l’un des pianistes qui tourne le plus en Europe et le Maâlem de Marrakech Abdelatif El Makhzoumi, un vétéran de la musique gnaoui. Initialement prévu au mois de janvier 2009 pour l’enregistrement d’un album du pianiste, ce duo n’a pas pu se concrétiser faute de moyens. Ainsi, cette fois ce sera enfin possible grâce au Festival Jazz au Chellah. Les répétitions entre les deux artistes ont eu lieu hier, mais ce n’est pas leur premier contact, ils se sont auparavant échangés leurs enregistrements et chacun s’est déjà familiarisé avec la musique de l’autre. Ils enregistreront à l’issue de ce concert leur album. Le lendemain, ce sera le show du quartet multiethnique Unit. Ce dernier fera une rencontre avec la musique amazighe. Aussi pour le concert de la clôture, j’ai invité un grand balaphoniste, Malien Aly Keita qui va rencontrer avec le violoniste et joueur de Ribab Bouhsine Foulane. Ils feront à leur tour équipe avec le trio finlandais Plop pour un spectacle époustouflant entre d’autres.

Peut-on donc dire que la particularité du Festival Jazz au Chellah est de permettre des rencontres improbables entre des musiciens de bords différents ?
Tout à fait ! Ces rencontres constituent le point fort du festival. Il s’agit à travers elles de permettre l’échange et le dialogue entre l’Europe et le Maroc, et ce, par le biais de musiciens de jazz connus en Europe et des artistes marocains, tout en partageant cela avec le public du Chellah. Il existe plusieurs événements programmant du jazz au Maroc, mais seul Jazz au Chellah se distingue par ce genre de collaborations et ce même par rapport à plusieurs festivals de renom en Europe. Ces rencontres ont aussi le mérite d’initier plusieurs projets communs entre ces artistes : tournées, albums… Par ailleurs, toutes  ces rencontres sont enregistrées. Les CD sont disponibles tout au long du festival à un prix symbolique, 50 DH. Ce sont des traces et des témoignages des anciennes éditions.

Comment a évolué le festival depuis la 1ère édition ?
C’est en 1996 qu’a eu lieu la première édition du festival. C’était  au Musée des Oudayas qui accueille 400 places. Depuis quelques années maintenant, le festival se déroule au Chellah qui peut accueillir jusqu’à 1.600 places. Aussi ce qui est remarquable est que le public de la musique jazz a rajeuni. On conçoit traditionnellement les amateurs de cette musique comme étant des adultes d’un certain âge. Alors, qu’on note de plus en plus que le nombre de jeunes assistant au festival a considérablement augmenté. Il faut aussi noter qu’au fil des éditions, la qualité des rencontres s’est beaucoup améliorée. C’est ce qu’en témoignent les enregistrements de ces rencontres. C’est surtout grâce à leur préparation qui se fait de mieux en mieux (répétitions, échange préalable de partition et d’enregistrements…).

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