Majida Benkirane : «Je suis moderniste, mais très attachée à mes origines et traditions»

Majida Benkirane : «Je suis moderniste, mais très attachée à mes origines et traditions»

ALM : Majida Benkirane est l’unique actrice à être membre de l’union des écrivains marocains. Quel est l’apport de cette adhésion ?
Majida Benkirane : Je suis très honorée d’avoir été choisie pour intégrer en 2006 cette Union. Mon adhésion constitue une étape très importante. Être l’unique actrice à y adhérer me procure de la fierté, de la force mais aussi de la peur. Une peur tout à fait naturelle car j’ai de nouvelles responsabilités à assumer. Donc je dois redoubler d’effort et être à la hauteur face aux visages emblématiques du champ culturel national qui en font également partie.

En 2001, le public marocain a découvert Majida l’écrivaine. Quel était le déclic qui a déclenché cette vocation en vous ?
Auparavant je n’avais pas l’intention d’écrire, même si je suis une passionnée de littérature. Lors de mon passage au collège, mes enseignants m’invitaient régulièrement à lire mes écrits à l’ensemble de la classe et aussi à les répertorier. Le déclic m’est venu sous deux formes objective et personnelle. Objectivement parlant, j’ai senti une certaine maturité dans mes écrits. De ce fait j’ai décidé qu’il était temps de les publier J’ai été vivement soutenue par mes amis qui m’incitaient également à sortir de la sphère intime et à rencontrer le large lectorat. Or  cela à coïncider avec le décès de ma mère. Sa perte représente le volet personnel qui a déclenché l’écrivaine éclipsée en moi. Cet événement tragique m’a poussé à écrire avec résolution.
Votre répertoire littéraire comprend deux ouvrages. Y a-t-il une troisième publication en vue ?
Je prépare une nouvelle publication qui portera autour des mythes dans un cadre reliant entre l’Occident et l’Orient. Je procède progressivement dans mes écrits car j’aime produire par amour et intuition. Le nouvel ouvrage consiste à faire une petite recherche dans le sens poétique. Pour l’écriture je me suis inspirée de la mémoire collective, à savoir les contes traditionnels et la symbolique des marabouts. La particularité de ce travail réside dans le fait qu’il se base sur les valeurs humaines en dépit des identités géographiques, ethniques et culturelles.

Vous allez participer à «Bent Bladi» de Saâ Allah Aziz. Présentez-nous votre rôle.
Je suis parmi les invités d’honneur de la série «Bent Bladi». J’incarne le rôle de l’épouse d’un ambassadeur qui vient à l’atelier de couture,  là où se passe toute l’action,  pour choisir des habits traditionnels. L’estime et l’amour que je porte à Khadija Assad et Saâd Allah Aziz m’ont poussé à retravailler avec eux.

Votre parcours artistique comprend plusieurs participations radiophoniques. Comment définissez-vous ce volet ?
L’interprétation à la radio est un genre totalement différent. C’est une grande école qui m’a permis d’apprendre de nouvelles techniques plus précisément l’expression vocale qui est l’unique moyen pour transmettre aux auditeurs les émotions et le caractère de chaque personnage. Mon passage à la radio était instructif dans la mesure où j’ai côtoyé des pionniers de l’art dramatique marocain comme feu Ahmed Basri, Amina Rachid, Habiba Medkouri, Fatima Belmeziane…La liste est longue.

Vous étiez parmi les membres de jurés du court-métrage à la dernière édition du festival de cinéma de Damas.  Faites-nous part de l’ambiance de cet événement.
 Ce fut un événement intéressant. J’ai eu la chance d’être parmi les jurés qui sont de grands artistes.
Ce fut également une occasion d’échange culturel et aussi de découverte. Pareillement, Il faut signaler que j’étais parmi le comité de jury du court-métrage de la 14ème édition du Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan qui était composé de femmes issues de différentes nationalités.

Qu’en est-il de votre participation aux émissions télévisées arabes ?
J’ai été invitée à l’émission «Arabe ala difaf Nil» (Arabe au bord du Nil) qui est diffusée par la chaîne égyptienne. Lors de ce programme je devais mettre en relief mon parcours artistique en relation avec l’Egypte surtout que j’ai collaboré avec Adil Imam dans une pièce de théâtre. En addition à cela j’ai participé récemment au talkshow «Mâa Nachoua » présenté sur la chaîne Dubai et durant lequel nous avons débattu de mon parcours et du phénomène du célibat dans le monde arabe.

Puisque nous en parlons, pourquoi prolongez-vous votre célibat ?
(Rire) je n’ai pas encore trouvé ma pointure.

Quelles sont vos autres passions ?
Je suis une grande collectionneuse. J’aime collectionner les caftans antiques, les objets d’art et les œuvres naïves. J’aime cuisiner les plats traditionnels et fabriquer le «ghassoul» dont je ne dévoilerai pas la recette. J’ai un esprit très patriotique, je suis moderniste, certes ! mais très attachée à mes origines et traditions.

Quel est le souvenir qui a marqué  votre palmarès ?
Mon premier rôle dans la série «Al wassiya» (le testament) m’a beaucoup marqué. Le jour de sa diffusion je ne disposais pas de poste de télévision. Je me suis sentie très mal à l’aise et déprimée. Il faut que les gens sachent qu’on milite pour arriver. C’est un travail de grande haleine et de persévérance qui fait de Majida l’actrice qu’elle est aujourd’hui.

Majida Benkirane fait partie des rares artistes marocains qui disposent d’un site Internet….
Je fais de mon mieux pour rester proche de mes fans et être à leur écoute. D’ailleurs j’invite tous ceux qui veulent rester en contact avec moi à joindre mes pages sur facebook ou à consulter mon site(www.majidabenkirane.com) .

Un dernier mot sur Majida la personne
Je suis voyageuse, souriante, ayant la foi, la pureté et la force et fière d’appartenir à mon pays le Maroc.

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