Maria Guessous publie «Hasna, ou le destin d’une femme»

Maria Guessous publie «Hasna, ou le destin d’une femme»

«Hasna, ou le destin d’une femme» est le titre du deuxième ouvrage de Maria Guessous qui vient de paraître chez les éditions La croisée des chemins. Après, son premier roman «Une double vie» qui avait eu l’occasion de figurer au palmarès des meilleurs ventes de livres au niveau local, Maria Guessous, nous raconte une autre fois le parcours d’une femme. Originaire des montagnes du Rif, Hasna est une jeune fille belle et brillante. Elle abandonna tôt l’école à cause du décès de son père. Elle sera séparée de sa sœur par son oncle despote qui l’emmènera en ville, pour devenir une bonne à tout faire. On plonge au fil des 24 chapitres du roman, dans le quotidien de Hasna, sa vie marquée à chaque fois par son arrivée chez une nouvelle famille bourgeoise et indifférente au sort et aux maux des petites gens. Des familles dont la bonne doit subir avec soumission et asservissement les vices qui façonneront son destin de femme. «En l’intervalle de six mois, elle fut la bonne de trois familles qui la renvoyèrent au bout de quelques semaines la qualifiant de médiocre, d’idiote, d’insolente et parfois même de voleuse. Maâti (son oncle) devint un bureau de placement ambulant qui se plaisait à prendre une commission à chaque changement et Hasna était le pion dans l’échiquier», lit-on dans le 5ème chapitre. Ainsi à travers ce roman qu’on devine tel (aucune indication de l’éditeur ne précise le genre de l’œuvre dans la couverture) Maria Guessous, réussit par un style sobre et fluide une peinture réaliste et vivante du quotidien plein de contrastes de «ces bonnes» où « les humbles survivent à côté de l’opulence ostentatoire des mieux nantis». Et sur «ces bonnes», Maria Guessous écrit : «cette conjugaison au pluriel cachait un dégoût inné et insurmontable à l’encontre des bonnes sur qui Lalla avait jeté son anathème. La bonne était pour elle un mal nécessaire qu’elle se forçait à accepter sous son toit tout en la souhaitant invisible, muette et sourde». Contrairement à son premier roman où l’héroïne était également une femme, mais où un suspense planait jusqu’à la fin, Maria Geussous nous livre dans «Hasna» une intrigue et une histoire prévisibles en misère, malgré la subtilité des détails. Une misère et un désespoir qui atteignent le paroxysme à la fin du roman. Comme pour dénoncer une réalité qui se banalise, une insensibilité par rapport aux petites gens qui nous entoure qui n’est que trop commune.

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