Maribel Ramos : «Le flamenco est ma raison d’être»

ALM : A 31 ans, vous avez réussi à vous inscrire sur la liste des grands  danseurs de l’art du flamenco. Comment est née chez vous cette passion,  entamée à un âge très précoce?
Maribel Ramos : Dans ma famille, on disait que j’étais une artiste née. C’est quelque chose que je ne pourrais pas m’expliquer et qui m’a poussée à vouloir suivre une carrière de danseuse. C’est quelque chose qui se produit chez tous les artistes passionnés. Très jeune j’ai éprouvé une sensibilité profonde devant tous les objets d’art et tout ce qui relève de l’univers des arts et de la culture. Pour moi, la danse est pareille à un aimant. Voir des corps en mouvement de danse, surtout le flamenco, me séduit de manière étrange. C’est une vocation et une grande passion.

Vous êtes danseuse mais aussi professeur. Où réside l’importance de  la transmission d’un art ancestral ?
Il faut éprouver énormément d’amour et de respect pour le flamenco et la danse en général. On crée des chorégraphies pour le corps, ce dernier doit intensément être respecté et de manière inconditionnelle. L’acte de transmettre nous force à aimer ce que l’on transmet. Lorsque cet acte se concrétise par conviction et respect, les apprenants le sentent et s’en imprègnent. L’importance de la transmission réside dans le fait de vouloir préserver, promouvoir et inviter les jeunes générations à connaître et reconnaître, respecter et être fiers de leurs origines et patrimoine culturels.

Que gardez-vous comme souvenirs du conservatoire d’Almeria?
Ce sont des souvenirs tellement éloignés. Mais quand je replonge dans ma mémoire, je me rappelle le grand trac et l’angoisse, le jour où je devais intégrer l’école Bolera de danse professionnelle de flamenco, de danse espagnole classique, et la danse classique en général. Je me remémore également toutes ces belles années passées au sein de cet établissement. Je garde aussi un beau souvenir plein d’affection et de respect de mon  professeur qui m’a initié, aidé et préparé à ma carrière de danseuse professionnelle de flamenco. Je profite de cette tribune médiatique pour la remercier, pour tout le mal qu’elle s’est sincèrement donné et tout le temps qu’elle nous a accordé pour nous inculquer l’art de la danse. Elèves et professeurs, nous formions une très belle équipe et c’est exactement de cette manière que j’use, aujourd’hui, avec mes élèves.

Pourquoi d’abord Almeria, Madrid et enfin Séville ?
Je suis née à Barcelone et grandi à Almeria. L’amour pour la danse m’a poussé à aller à Madrid pour démarrer une carrière professionnelle du flamenco.
J’ai réussi à décrocher une bourse d’études à Séville. Je suis très heureuse de vivre dans cette ville qui respire le flamenco.

Pas un seul artiste au sein de votre famille et pourtant vous réussissez à vous forger une carrière de danseuse professionnelle.
En effet dans ma famille, on ne peut pas parler d’un quelconque héritage artistique. C’est un peu étrange. Mais c’est la passion et la conviction pour et en quelque chose, qui font de vous ce que vous êtes. Je crois qu’un véritable artiste est celui qui naît avec la nécessité d’exprimer les sentiments qui naissent et continuent d’évoluer en lui. Le flamenco est ma raison d’exister. Il m’aide à exprimer la profonde vérité de mon être. C’est une danse d’expression, incontestablement, humaine.

Que signifie «La Zambra»?
Il y a plusieurs significations. La zambra fait une allusion aux Zambras granainas (de Grenade), qui sont des festivités anciennes qui, plus tard, célébraient les mariages des gitans du Sacromonte.
«Las Zambras» se compose de trois chants : la Cachucha, la Mosca et la Alboreá. La Zambra est aussi un palo (styles flamencos de chant et danse)

Vous créez vous-même vos chorégraphies?
En tant que danseuse professionnelle, je suis amenée à créer moi-même mes chorégraphies. J’ai une connaissance profonde de mon corps. Et c’est ce qui m’aide à réaliser mes spectacles
A part la danse, qu’est-ce qui vous passionne?
Je crois qu’il n’y a rien qui me passionne plus que le flamenco. Mais j’aime beaucoup les artistes en général. Ces êtres magiques qui vivent pour réaliser les rêves, les plus extraordinaires et qui vont au-delà du possible partageant ainsi avec le public leur grande passion.

Qu’en était-il du spectacle du jeudi 17 juillet ?
Il s’agissait de la dernière soirée flamenco programmée par l’institut Cervantes de Rabat où j’étais accompagnée de Miguel González Angeriz “el Picuo”, (chant), Michele Laccarino (guitare) et Antonio Montiel (percussion).

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