Marwan Hamed : «Faire un film osé n’est pas mon but»

ALM : Votre premier long-métrage L’immeuble Yacoubian est tiré du roman éponyme de l’écrivain égyptien Alaa El Aswany. Pourquoi avez-vous décidé d’entamer votre carrière de réalisateur par une adaptation ?
Marwan Hamed : Ce roman éponyme de Alaa El Aswany sorti en 2002 est un véritable best-seller. Il a été traduit en plusieurs langues ; espagnol, anglais, français et italien.  En l’espace de quelques semaines, il avait réussi à enregistrer d’excellentes ventes dans tous les pays où il a été distribué. J’ai été moi-même impressionné par le film et je commençais à réfléchir sérieusement sur la possibilité de le transposer au cinéma.
Le producteur Jamal Edin El Adib m’a proposé de produire ce film avec un budget énorme qui est de quatre millions de dollars. J’ai donc accepté de vivre cette aventure et d’aller jusqu’au bout de cette expérience.

Quel est selon vous le secret du succès de votre film ?
Ce roman a le mérite d’avoir montré une facette de la société egyptienne qu’on se refusait de reconnaître.  Cet ouvrage reflète très bien  à mon avis le malaise de la société égyptienne contemporaine. Tous les tabous qui existent et sont souvent accentués à cause du poids de la religion ont été levés par Alaa El Aswany. Il a su traduire cette réalité à travers ses écrits et c’est pour cette raison à mon avis que son roman a pu rencontrer un tel succès.

Ce film a fait beaucoup de bruit en Egypte. A sa sortie dans les salles en Egypte, il aurait même été critiqué par des députés ? Qu’est-ce qui explique selon vous cette réaction ?
Tout comme le roman, le film a rencontré le scepticisme dans certains milieux en Egypte. Il a même été interdit par quelques membres du Parlement qui ont manifesté l’envie de le censurer. Mais le Parlement n’avait aucun droit sur mon film.
Puisque le gouvernement m’a permis de sortir le film, cette instance ne possède aucune autorité. Ces remarques n’ont pas été prises en considération.  Ils ont fini par comprendre que la censure artistique n’est plus de notre temps. Après tout ce n’est qu’une fiction. Après quelques semaines de polémique, le film est sorti dans les salles. Le problème est aujourd’hui résolu.

Le film réunit des acteurs de gros calibre tels Adel Imam et Yousra. Etait-ce un moyen pour vous de garantir le succès du film ?
Pour être bien clair, en faisant ce film mon but n’était pas de séduire. Si j’ai choisi d’abord d’adapter ce roman sur le grand écran et à ma manière ce n’est pas pour qu’on dise que j’étais courageux où il a osé. L’important dans tout cela, c’est que j’ai voulu mettre l’accent sur l’aspect dramatique de l’histoire de cet immeuble si bien racontée par Alaa El Aswany. Ce dernier s’est basé sur des faits réels. A mon tour, j’ai voulu être fidèle à la force des caractères telle que je l’ai ressentie en lisant le roman. C’est pour cette même raison, que j’ai pris le défi de réussir cette entreprise. J’ai donc fait appel à une brochette d’acteurs professionnels. J’étais sûr en faisant le casting que le but cinématographique recherché allait être atteint.

Et quel est cet objectif artistique que vous évoquez ?
Chaque réalisateur a sa propre façon de faire aboutir son idée cinématographique. En ce qui me concerne, j’ai voulu dès le départ faire ce qu’on appelle un Actor’s movie, un film d’acteurs. La force du film est basée d’abord et avant tout sur la force des personnages.

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