Meryem Chraïbi et Mohamed Rachdi à la galerie Marsam2

Meryem Chraïbi et Mohamed Rachdi à la galerie Marsam2

Les artistes Meryem Chraïbi et Mohamed Rachdi exposent à la galerie Marsam2 de Casablanca du 5 mai au 12 juin. Cette exposition s’intitule «Labyrinthes et rosaces». Ces deux artistes qui réunissent entre leurs formations dans le domaine de l’histoire, les sciences de l’art et leur pratique de l’art plastique, partagent dans cette exposition leur passion pour l’architecture musulmane et l’omniprésence du corps. D’après le critique d’art Farid Zahi, la peinture de Meryem est une sorte d’«architexture» qu’elle ne cesse de modeler et de remodeler avec des variations méticuleuses. Elle tisse en effet des formes fragmentaires et fragmentées, créant ainsi des passages qui se construisent selon des rythmes plus ou moins intenses. Constructions qui obéissent à la répartition de l’espace et aboutissent en fin de compte à une invention de la forme, celle qu’on découvre à travers une multitude de triangles, de rectangles, de carrés et de losanges. «La géométrie a une place importante dans mon imaginaire. Les formes géométriques sont la base des frises de zellige, de plâtre et de bois sculpté et représentent le fondement de toutes les arabesques de l’art musulman. Tous ces éléments et bien d’autres issus de mes différentes formations se lisent en filigrane dans ma peinture grâce à la géométrie», explique Meryem Chraïbi, également architecte et docteur en histoire de l’art. Et d’ajouter: «Il n’y a presque pas de différence entre le moment ou j’esquisse un bâtiment où je décore une demeure et celui où je réalise une toile. Il y’a dans cet instant la même recherche d’équilibre entre le plein et le vide, la même conquête de la lumière et une manière quasi similaire de se fondre dans le site ou de prendre doucement place dans la toile blanche». Par ailleurs, au sujet des rosaces du désir de Mohamed Rachdi, Farid Zahi explique que l’artiste s’installe pleinement dans une mémoire des formes et des pratiques longtemps déniée par les créateurs plasticiens, réduite ainsi à la simple manifestation artisanale d’une reproduction sans sujet. «Rachdi nous rappelle ici le geste de Matisse … A la différence que l’appropriation de Rachdi s’évertue à être littérale, possessive et frontale», souligne le critque. Pour rappel, Mohamed Rachdi a réalisé de nombreuses expositions sur la thématique de l’oasis et du désir avec des titres toujours poétiques comme Les dunes du désir, Le sommeil du poète amoureux ou encore Les puits du désir… De ses Puits du désir, Mohamed Rachdi dit : «Partout l’ «O» circule dans cette Oeuvre (…), partout des Ouvertures s’y Organisent en échO à l’«O» de l’Origine – de l’Origine du monde de Gustave Courbet aussi bien, naturellement ! – ; en écho à l’ «O» – mais aussi à «l’eau»,bien sûr, à ce flux de vie et de régénérescence- de l’Oasis primordiale ; en échO à l’«O» de la circonférence de l’Oeil du puits qui invite le regard du visiteur à plonger à travers l’Orifice de son volume cylindrique (tout à la fois creux et reliefs) ouvrant sur l’abîme sans fond de l’altérité, sur ce qui me hante depuis toujours et me fait agir, sur le mirage insaisissable en moi et en l’autre…; mais aussi, en échO au cri du «O» du Où en quête permanente de son éternel lieu atopique à travers des étendues utopiques…».

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *