Meryem Chraibi : «Ma peinture est un hymne à la joie»

Meryem Chraibi : «Ma peinture est un hymne à la joie»


ALM : Parlez-nous de votre exposition «Ambre portée»…
Salma Meryem Chraibi: «Ambre portée» est la sixième marche d’un escalier de correspondances, que j’aime toujours gravir afin de faire de ma peinture une continuité dans un renouveau permanent. Dans ma passion pour la danse, j’ai rencontré les corps en mouvement et la gaieté des couleurs. De l’architecture (mon premier métier) j’ai pris les lignes et de mes études d’histoire d’art islamique j’ai emprunté les techniques. Ces trois premières marches représentent le côté cognitif. Vient ensuite le côté culturel en créant des ponts tour à tour avec le monde de la musique et celui de la mode. Arrive enfin le volet sensible et la correspondance entre le parfum et la peinture s’impose à moi comme une succession logique gravitant autour de la femme.

Vous exposez vos nouvelles créations dans le cadre de la Nuit des Galeries, que représente pour vous cet événement ?
La Nuit des Galeries est devenue, au fil de ces six dernières années, le rendez-vous incontournable des amateurs d’art, galeristes et artistes-peintres. En effet, le nombre d’espaces d’exposition y participant est passé graduellement de six la première année à plus de soixante-quinze cette année, répartis sur plusieurs villes du Royaume. Pour moi, cette nuit est le meilleur moment pour inaugurer une nouvelle exposition et ouvrir mon atelier à un très large public.

Pourquoi l’usage des formes géométriques ?
Je suis architecte et docteur en histoire de l’art. De ce fait, la géométrie a une place importante dans mon imaginaire. Les formes géométriques sont la base des frises de zellige, de gypse et de bois sculpté et représentent le fondement de toutes les arabesques de l’art musulman. Tous ces éléments et bien d’autres issus de mes différentes formations se lisent en filigrane dans ma peinture grâce à la géométrie. Il n’y a presque pas de différence entre le moment où j’esquisse un bâtiment ou décore une demeure et celui où je réalise une toile. Il y a dans cet instant la même recherche d’équilibre entre le plein et le vide, la même conquête de la lumière et une manière quasi-similaire de se fondre dans le site ou de prendre doucement place dans la toile blanche. Ma peinture est une rencontre entre mon métier d’architecte qui offre à mon travail structure et équilibre.

Pourquoi le collage ?
J’aime l’acrylique, elle convient à mon caractère méticuleux et je peux produire avec les aplats de couleur que je désire. Je l’utilise donc quand je travaille dans mon atelier. Quand je voyage, je préfère l’aquarelle plus facile à transporter et à manier. J’ai découvert les collages par hasard il y’a deux ans, durant un de mes déplacements. Je cherchais à reproduire l’effet des céramiques multicolores du Parc Guell de l’architecte Gaudi dans mes dessins de voyage. C’était là, encore une fois, une manière de retrouver l’héritage de ma formation dans ma peinture. Les aquarelles ne me permettaient pas une si large palette de couleurs, elles ne donnaient pas l’effet de craquelure que je souhaitais et ne captaient pas la lumière de la même manière.

Vous avez une palette de couleurs très large, est-ce un choix délibéré ?
Ma peinture est un hymne à la joie, à la bonne humeur et à la fête. Les corps y dansent en toute liberté et toutes les couleurs sont les bienvenues tant que dans leur harmonie elles peuvent transmettre cette joie.

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