«Mieux gérer le théâtre national»

«Mieux gérer le théâtre national»

ALM : Comment avez-vous accueilli votre nomination à la tête du Théâtre national Mohammed V ?
Abdellatif Nassib Mesnaoui : J’ai été très heureux et très fier de la confiance dont m’a investi Sa Majesté le Roi pour assumer la direction du Théâtre national Mohammed V, l’un des plus anciens et des plus prestigieux théâtres au Maroc. J’ai été d’autant plus heureux que c’est la première fois qu’un jeune est nommé pour assurer la direction de cette institution. C’est un signal très encourageant pour la jeunesse. En même temps, je mesure l’ampleur de la tâche que je suis appelé à accomplir pour faire du théâtre un pôle de rayonnement culturel, non seulement à Rabat mais à travers tout le Royaume.

Avez-vous une vision de votre action ? Quelles seront, alors, vos priorités ?
Ma nomination est intervenue alors que le Théâtre national Mohammed V venait de tenir son conseil d’administration, présidé par le ministre de la Culture Mohamed Achaâri. Les résultats dégagés lors de ce conseil m’ont servi de base pour établir le diagnostic de la situation. J’ai hérité d’une situation qui n’est pas tout à fait confortable, même si beaucoup d’efforts ont été faits pour faire «avancer» le théâtre. J’ai trouvé, par exemple, que le théâtre qui m’a été donné à gérer avait été transformé en lieu de meetings au lieu de s’en tenir à son identité et à sa fonction naturelle d’espace de spectacle. Ce « détournement » a eu des conséquences importantes sur la programmation artistique et culturelle. Mon souci, aujourd’hui, est de remettre les choses à leur place en faisant retrouver au théâtre son éclat sur les plans national et international. En ce qui concerne le premier point, je compte promouvoir une programmation de spectacles de référence et de qualité avec une préférence pour le théâtre et, plus généralement, les arts vivants. Sur le plan international, il y a lieu de développer des partenariats avec des organismes culturels issus de pays de grande tradition culturelle, en Europe occidentale et dans le monde arabe en particulier, et mettre leurs expériences au profit des artistes et des techniciens marocains. Cela devra passer par la promotion de projets de co-production, d’échanges culturels et de formation continue au profit de notre institution. Ces projets sont une nécessité impérieuse pour rattraper les retards accumulés à ce niveau. S’agissant de la communication, nous envisageons de mettre en place une stratégie à long terme pour donner plus de visibilité à notre activité. Nous avons déjà un site Internet et autres supports que nous allons développer de manière à répondre aux multiples attentes de notre public, de nos artistes et autres chercheurs. En ce qui concerne la recherche, le théâtre compte déjà une documentation et des archives que nous allons valoriser à travers la mise en place d’une médiathèque, l’organisation d’expositions …

Qu’en est-il de la production artistique ?
Le théâtre ne doit plus être un simple espace où l’on vient consommer des produits culturels. Il doit également et surtout être un lieu où des artistes viennent produire leurs propres œuvres, avec le soutien de notre administration. C’est une manière pour nous de participer à la promotion de la créativité nationale. Nous projetons ainsi de lancer un programme de soutien à la production artistique, notamment celle de spectacles de théâtre, sans oublier évidemment la contribution à la diffusion de ces spectacles à l’échelle nationale. Au-delà de la production, et plus encore de la diffusion, nous comptons redonner âme à l’ancien répertoire théâtral national en soutenant la reprise de chefs-d’œuvre de l’art dramatique, sans compter les spectacles pour enfants et le théâtre jeune public.

Qu’adviendra-t-il de votre carrière d’acteur et de metteur en scène ? Votre nouvelle fonction ne risque-t-elle pas de pénaliser cette carrière ?
Avant d’être nommé directeur du théâtre national, j’ai mené une action sur deux fronts. J’ai été à la fois acteur et manager culturel. Je dois capitaliser sur cette expérience et la mettre au service du théâtre national.

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