Mobilisation pour sauver les palmiers de la Côte d’Azur

Mobilisation pour sauver les palmiers de la Côte d’Azur

Une course contre la montre est engagée sur la côte méditerranéenne française pour tenter de prévenir l’explosion d’un nouveau ravageur des palmiers du littoral, le charançon rouge, plus invasif et plus destructeur que ses prédécesseurs.
Détecté pour la première fois sur l’île méditerranéenne de la Corse en septembre 2006, puis dans le Var (sud de la France), en novembre, l’insecte est considéré comme installé: "on estime que toute la côte varoise est contaminée", indique Céline Vidal, du Service régional de la protection des végétaux (SRPV) de Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Le charançon a également été observé dans deux autres départements du sud-est de la France en 2006.  «Nous n’avons découvert aucun foyer en 2007 dans le département, mais on ne se fait pas d’illusion, il y a de fortes chances qu’il soit présent. D’autant qu’il a été détecté en Italie, près de la frontière», rapporte François Bertaux, un autre responsable du SRPV.
 Cette détection reste très aléatoire, rendant la lutte difficile: «L’attaque du charançon est invisible durant des mois, voire des années car il mange le palmier de l’intérieur. Quand les symptômes extérieurs apparaissent, c’est trop tard, l’arbre est condamné», explique le chercheur Didier Rochat.
 Insecte tropical originaire d’Asie, ce ravageur de quelques centimètres au corps orange vif a voyagé jusqu’au Moyen-Orient et au nord de l’Afrique dans les années 80-90 avant d’aborder l’Europe via l’Espagne et l’Italie. Autant de zones contaminées d’où la France a importé des palmiers, sains d’apparence, durant des années.
La réglementation européenne a imposé en mai 2007 une quarantaine très stricte aux palmiers importés. Mais pour les spécialistes, le ver est déjà dans le fruit.
«On est pessimiste. 2008 va voir l’insecte exploser», prédit Céline Vidal.
Outre son travail invisible, le charançon se distingue par sa reproduction très active tout au long de l’année.
 Le pessimisme est renforcé par l’observation des dégâts dans les pays touchés: «A Palerme, à Naples (Italie), comme à Valence ou Malaga (Espagne), il n’y a plus un seul palmier debout», poursuit Mme Vidal. «Les zones contaminées ont connu une modification radicale de leur environnement végétal», décrit M. Rochat.  Aucun protocole de lutte chimique contre l’insecte n’a encore prouvé son efficacité. «On n’éradiquera pas le charançon mais on peut essayer de juguler son invasion par la prévention», explique François Bertaux.

 • Sophie Mmakris (AFP)

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