Mohamed Amine Benamraoui, cinéaste : «L’histoire de «Adiós Carmen» parle d’une partie de mon enfance»

Mohamed Amine Benamraoui, cinéaste : «L’histoire de «Adiós Carmen» parle d’une partie de mon enfance»

ALM : Pourquoi avez-vous choisi Asilah pour tourner votre film?
Mohamed Amine Benamraoui : L’histoire de «Adiós Carmen»  se déroule au milieu des années 70 dans la région de Nador. Le film est, de ce fait, en dialecte rifain et en espagnol. J’ai choisi Asilah pour le tournage de mon nouveau long-métrage, car cette ville se distingue encore par son architecture espagnole qui peut servir comme décor pour «Adiós Carmen». Surtout que cette ville dispose d’une salle de cinéma qui garde toujours son ancien aspect architectural comme l’exige le scénario.  Ce qui n’est pas le cas pour Nador et Al Hoceima.

Qu’est-ce qui vous a inspiré de l’histoire de «Adiós Carmen»?
Mon nouveau film est, en partie, autobiographique. L’histoire de «Adiós Carmen» parle d’une partie de mon enfance passée aux environs de Nador. Elle décrit comment j’ai découvert les salles de cinéma à l’âge de quatre ans et commencé à aimer le septième art. J’ai senti depuis l’envie d’en faire mon métier.

Pouvez-vous nous présenter l’histoire de votre nouveau film?
C’est l’histoire émouvante du petit Amran, qui vit seul avec son oncle après le départ de sa maman en Europe. L’enfant se lie d’amitié avec sa voisine espagnole, qui travaille comme ouvreuse dans une salle de cinéma.  Carmen fait ainsi découvrir au petit garçon le grand écran. Elle réussit aussi à le combler d’un amour maternel. Faisant partie des exilés de la guerre d’Espagne, Carmen et les autres membres de sa famille décident de retourner vivre dans leur pays après la mort de Francisco Franco. Amran ne va pas supporter cette brusque séparation avec sa voisine espagnole. Il ne veut pas faire ses adieux à Carmen, car cela lui rappelle le départ de sa mère en Belgique. Le film décrit, de ce fait, une époque de l’histoire du Maroc marquée par la Marche Verte pour la récupération en 1975 de son Sahara. On apprend peu de temps après la mort de Franco marquée par le lancement du processus démocratique en Espagne.
   
Comment interprétez-vous votre passage du court au long métrage?
L’envie de faire un long métrage était toujours présente en moi. Je consacrais beaucoup de temps et de travail pour la réalisation de mes films. J’ai travaillé énormément sur mon court métrage «Sellam et Démétran», comme s’il s’agissait d’un long métrage.

«Sellam et Démétran» a gagné plusieurs prix aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Souhaiteriez-vous faire de même grâce à votre nouveau film?
Ce qui m’intéresse beaucoup, c’est de continuer à pratiquer un métier que j’aime énormément. J’ai voulu aussi à travers ce film traiter un thème lié à la réalité, qui permettra de toucher un maximum de public.

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