Mohamed Ben Brahim : «Derb Sultan était un exemple de solidarité»

Mohamed Ben Brahim : «Derb Sultan était un exemple de solidarité»


ALM : Que représente pour vous Derb Sultan ?
Ben Brahim : C’est important de rendre hommage à Derb Sultan dans lequel j’ai passé des moments inoubliables. J’ai étudié à l’école «Mohammedia» et j’ai grandi dans la ruelle de Mellouiya à côté du cinéma «Chaouia». Je me rappelle des moments de mes études quand j’étais un gamin qui faisait beaucoup de bêtises. Le maître me donnait à chaque fois des punitions, il lui arrivait de me punir trois ou quatre fois par jour. Je me souviens très bien, j’étais encore petit et je voyais les résistants se préparer pour combattre le colonisateur français. Les jeunes, à cette époque, participaient aux opérations en passant les armes et les informations aux résistants. Derb Sultan était considéré comme un exemple de valeur et de solidarité. Plusieurs personnalités de renom sont issues de ce quartier : des musiciens, acteurs et joueurs tels que Salah Eddine Benmoussa, Abderrazak El Badaoui, Aïd Maouhoub, Brahim Alami, Si Mohamed El Alaoui et d’autres.

Quel souvenir gardez-vous de ce quartier ?
J’ai vécu une enfance heureuse, lors de cette période. Les jeunes du quartier jouaient à «dinifri», aux billes, ou à la toupie. Au Ramadan, chaque maison du quartier était un peu considérée comme notre maison. On respectait nos voisins autant que nos parents. On pouvait passer toute la journée et même la nuit chez nos voisins. On restait aussi parfois toute la nuit dans la rue jouant au football. À l’approche du ftour, les voisins échangeaient entre eux les plats. Quand arrivait Achoura, on jouait avec des pistolets en plastique alors que les filles jouaient avec des poupées. Il y avait un respect envers nos voisins et envers les vieux du quartier. Je rêve de vivre une deuxième fois ces souvenirs. Actuellement, on constate le contraire, Derb Sultan est devenu un lieu dangereux et l’insécurité y règne. Je souhaite qu’il redevienne comme avant.

Quels sont vos projets ?
Actuellement, je participe au tournage du film «La route de Kaboul». C’est un film qui évoque les problèmes de l’immigration des jeunes.

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