Mohamed Benaïssa : «Je me consacre uniquement à ma ville»

Mohamed Benaïssa : «Je me consacre uniquement à ma ville»

ALM : Le Moussem culturel international d’Assilah touche à sa fin. Qu’est-ce qui distingue ce 31ème Moussem par rapport aux précédentes éditions?
Mohamed Benaïssa : Le Moussem d’Assilah est un événement culturel et artistique qui reçoit, chaque année, d’importantes personnalités notamment des intellectuels, des écrivains et des journalistes qui contribuent grâce à leur participation à donner à ce moussem plus de couleur et de lumière. Et à l’instar des années précédentes, nous avons réussi, au cours de cette 31ème édition, à faire un saut en avant. Tout le monde reconnaît que ce moussem demeure un événement incontournable particulièrement dans l’espace afro-arabe. D’ailleurs, nous étions les premiers à lancer en 1980 cette notion de coopération de partenariat afro-arabe.

Comment évaluez-vous les travaux de l’Université d’été Al Mouatamid Ibn Abbad ?
Permettez-moi de vous dire que nous sommes privilégiés et honorés, chaque année et à l’ouverture de ces travaux, par le geste généreux de SM Mohammed VI par son message adressé à l’occasion de l’ouverture du Moussem d’Assilah. Ce geste généreux du Souverain nous a donné toujours une forte impulsion dans notre action. Les participants ont apprécié les idées et les orientations, initiées par SM le Roi, lors du premier colloque organisé sous le thème «La coopération Sud- Sud dans l’espace afro-arabo-ibéro-latino-américain», et qui ont été reprises dans un document officiel pour nos délibérations.

Comment avez-vous procédé pour le choix des thèmes des colloques ?
Nous avons préparé une série de colloques touchant, en réalité, à des problèmes du présent et d’avenir. Nous voulons, à cet effet, dépasser la notion du retour au passé. Il faut penser à l’avenir en vue de laisser à nos enfants un monde meilleur. Et je crois que la culture et les arts constituent un meilleur moyen pour l’éducation et le renforcement de la création chez l’enfant.

Considérez-vous que l’initiative de la commémoration du premier anniversaire de la disparition de Mahmoud Darwich, au cours de cette 31ème édition, est un geste de reconnaissance à la participation du défunt au Moussem de la ville ?
Nous avons tenu à célébrer, au cours de ce moussem, la mémoire de Mahmoud Darwich et Tayeb Saleh. C’est une commémoration en reconnaissance à deux célébrités considérées parmi les premiers pionniers ayant pris part à notre aventure. Le grand poète palestinien Mahmoud Darwich était venu en 1979 pour la première fois à Assilah pour participer à son moussem. De même pour l’écrivain soudanais Tayeb Saleh qui tenait, depuis 1980, à y prendre part chaque année. Comme c’était le cas pour l’écrivain congolais Tchicaya U’Tamsi, l’écrivain marocain Mohamed Aziz Lahbabi et le poète irakien Bouland Al Haïdari, la municipalité d’Assilah a décidé à donner les noms de Darwich et Tayeb Saleh ainsi que du Plasticien Miloud Lbiad à des lieux de la ville respectivement à deux jardins publics et une rue à l’ancienne médina.

Ne pensez- vous pas que vos relations ont pu faire venir de grandes célébrités au moussem d’Assilah ?
Je considère toujours ce projet comme une œuvre collective à laquelle se sont associées les différentes personnalités venues participer à ce moussem. Mais il a fallu, comme c’est le cas dans chaque action, un leadership pour bien mener à bien ce projet. Et je me suis présenté, de ce fait, aux élections municipales sans appartenance politique (SAP) pour améliorer les conditions de vie dans ma ville.
Et le fait d’avoir occupé ensuite des postes de député et de ministre de la Culture, … m’a aidé à créer un réseau de connaissances. Mon passage aux Nations unies m’a permis aussi de connaître un nombre important de journalistes, d’écrivains…
Mohamed Melihi, qui dispose d’un autre réseau de connaissances d’artistes- peintres marocains et étrangers, et moi avions investi notre capital de relations pour lancer ce projet culturel et artistique sur une base innovatrice et courageuse.

Est-ce que vous allez vous présenter aux prochaines élections du conseil de la région Tanger- Tétouan ?
J’ai abandonné la politique depuis 1992, je me consacre uniquement à ma ville.

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