Mohamed Beyoud : «Les chaînes marocaines doivent investir dans le cinéma d’animation»

Mohamed Beyoud : «Les chaînes marocaines doivent investir dans le cinéma d’animation»

ALM : Le festival international du cinéma d’animation évolue d’année en année, est-ce que vous remarquez une évolution du public du festival?

Mohamed Beyoud: Bien sûr que notre public connaît une évolution. Vous savez, pour nous, le public est une priorité. Avant de programmer, nous avons toujours une vraie réflexion sur nos publics, ce qui explique que nos salles soient généralement pleines. Nous avons non seulement un public, mais un public qui sait pourquoi il est là.

En jetant un coup d’œil sur la programmation de cette année, on remarque une absence des films marocains…

Non, je ne suis pas d’accord. Il n’y a pas d’absence des films marocains. Dans la partie court-métrages d’animation, il y a quelques court-métrages marocains. Rappelez-vous que c’est un film d’animation marocain (court-métrage ndlr) qui a ouvert le festival juste avant le film d’Isao Takahata, ce qui est quand même impressionnant pour un jeune marocain. Je peux vous dire qu’il y a quelques années, il n’y avait strictement rien, et ce qui existait était d’une qualité artistique et technique faible. Aujourd’hui, ce que nous avons est certes, peu nombreux, mais la qualité a grandement évolué.

Oui, mais les films les plus regardés pendant le festival sont les longs métrages, et parmi eux, aucun n’est marocain. S’agirait-il plutôt d’un problème de production?

Evidemment. Nous n’avons pas d’industrie du cinéma d’animation au Maroc et les chaînes marocaines n’investissent pas dans le cinéma d’animation qu’il soit court ou long. A cause de cela, nous sommes envahis par tout et n’importe quoi. Après, si notre programmation ne comprend pas de longs-métrages marocains, elle renferme de longs-métrages ivoiriens, brésiliens, japonais, etc. Moi je pense que les jeunes marocains ont besoin de regarder beaucoup de films étrangers pour s’inspirer.

Le souci de diversité est donc présent dans la programmation du festival?

Oui, surtout la diversité géographique. Les films que nous programmons doivent provenir de pays très différents. Parce qu’en faisant cela-et c’est ce qui fait la force du cinéma de manière générale, vous ramenez au public des cultures-différentes.

Le festival a acquis, ces dernières années, la réputation d’être convivial et chaleureux. Est-ce que vous avez l’intention de le garder ainsi ou avez-vous des ambitions plus grandes?

Le festival a grandi mais sa convivialité reste primordiale. C’est ce qui fait son identité aujourd’hui et c’est ce qui fait la différence entre le FICAM et le reste des festivals de cinéma d’animation dans le monde. Ici, par exemple, les réalisateurs sont très accessibles.

A mesure que le festival grandit, ne trouvez-vous pas plus de difficultés à le financer?

Si, nous espérons toujours plus. Mais, avec les moyens dont nous disposons, je pense que nous arrivons à faire de très belles choses.

FICAM 2015 : Toutes les projections à guichets fermés

Cette 14ème édition du Festival international du cinéma d’animation de Meknès (FICAM) a battu des records de fréquentation. Un total de plus de 13.000 festivaliers ont afflué cette année, dont plus de 7.000 écoliers. Près de 50 réalisateurs, scénaristes et producteurs de renommée mondiale sont venus à la rencontre du public meknassi. Les 50 projections du festival se sont toutes déroulées à guichets fermés, l’institut français de Meknès a même dû fournir des coussins à des spectateurs décidés à regarder les films, même par terre. Selon les organisateurs, à mesure que le festival grandit, le nombre limité des salles de projection pose un réel problème. Par conséquent, le FICAM a été exceptionnellement prolongé cette année, au-delà de la semaine initialement programmée. Il est à noter que suite à l’insertion du FICAM dans la saison culturelle franco-marocaine, les films projetés lors de cette édition feront le tour des instituts français du Royaume dans les semaines à venir.

 

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