Mohamed Krich : «Je réécris en image l’identité arabo-musulmane marocaine»

Mohamed Krich : «Je réécris en image l’identité arabo-musulmane marocaine»

ALM : Vous êtes une référence au Maroc en tant qu’artiste figuratif. Mais peu de gens ont eu l’occasion de voir vos œuvres abstraites. Serait-ce l’occasion avec l’exposition à Venise cadre ?
Mohamed Krich : C’est vrai que je suis connu en tant que peintre figuratif et, c’est vrai aussi qu’il y a beaucoup de gens qui ignorent que j’excelle aussi bien en abstrait qu’en figuratif. En fait, c’est depuis toujours que je consacre une grande partie de mes recherches et expériences plastiques au genre abstrait, parallèlement à celui figuratif, sauf que, jusque là, je ne l’ai jamais exposé au public, mais je vous assure que l’organisation d’une éventuelle et  future exposition est prévue dans quelque temps, dans une grande galerie à Casa. L’exposition, qui se tiendra, du 10 au 20 mars 2011 à la galerie Venise cadre, constituera, en somme, le prolongement de la série figurative mais, avec une nouvelle diversité thématique et technique.

Quel message cherchez-vous à transmettre à travers vos œuvres sachant qu’elles représentent souvent un patrimoine marocain ancestral ? 
Depuis toujours, le centre de mes préoccupations ,outre plastiques, esthétiques et techniques, a été porté , essentiellement , sur une sorte de ré-écriture imagée de notre identité arabo-musulmane marocaine à travers des scènes puisées, principalement, au sein de la mémoire collective du moi social marocain, Les séquences-imagées représentent généralement la vie des gens de la société d’antan dans leurs originalité et leurs pureté identitaire. Chaque image est, en réalité, une sorte d’ouverture où le spectateur est invité à transcender le présent vers les tréfonds de notre terroir culturel ancestral. En somme, ces images constituent la résurrection imagée  d’un passé patrimonial  si nostalgique.

Quelles sont les techniques et la démarche picturales que vous privilégiez ?
La technique picturale déployée dans mon travail est essentiellement empruntée aux maîtres anciens, entre autres, l’école flamande surtout le peintre Rubens. C’est un procédé basé sur des confections particulières des médiums dont les éléments de base sont : l’huile de lin cuite (clarifiée par ensoleillement), et les résines naturelles. C’est une vraie alchimie nécessitant une pratique empirique perpétuelle, mais aussi l’analyse par l’emploi des ingrédients et leurs effets sous forme de liants et de solvants. Cette connaissance fondamentale de ces facteurs  permet en l’occurrence, l’élaboration d’une œuvre (techniquement et matériellement parlant) saine et durable qui ne s’effrite pas au bout de quelques heures.

Qui sont les artistes qui vous ont inspiré et accompagné?
Les peintres qui m’ont inspiré sont nombreux selon les différentes périodes de ma carrière artistique, je cite Rubens, Delacroix, Fortuny, Braque, Staël, Soulage, Tapies et tant d’autres, classiques, modernes et contemporains appartenant à toutes les tendances artistiques.

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