Mohamed Laroussi : «J’aborde les années de plomb pour m’en libérer»

Mohamed Laroussi : «J’aborde les années de plomb pour m’en libérer»

ALM : Quelle est la signification du titre «Marx est mort, mon amour» ?
Mohamed Laroussi :  Je ne peux pas vous donner la vraie signification de ce titre, car il faudra pour cela que je vous raconte toute l’histoire du roman, et ça serait vraiment dommage aussi bien pour mes lecteurs que pour … mon éditeur. Donc, pour comprendre le sens de «Marx est mort, mon amour», on n’a pas le choix : il faut lire tout le roman.

Les années de plomb sont un sujet qui a été exploité par plusieurs écrivains, artistes et cinéastes marocains ces dernières années. Qu’est-ce qui a motivé son choix dans votre roman et que représente cette thématique pour vous?
Là, je pense que je serai un peu plus à l’aise pour répondre. C’est vrai que le sujet des années dites de plomb a été très exploité, et étant donné la charge lourde et douloureuse de cette période, c’est tout à fait normal. Je suis convaincu que plus on parle de ces années-là, plus on va pouvoir leur « régler leurs comptes». D’ailleurs, pour ne rien vous cacher, si moi aussi j’aborde cette thématique, c’est d’abord et avant tout pour m’en libérer. J’ai vécu ces années-là avec énormément de souffrance et de chagrin même si, Dieu merci, je ne les ai pas subies directement. Par contre, quelques-uns de mes amis et camarades en ont été des victimes. Comme je l’ai précisé dans la préface, avec moins de chance, j’aurais pu être parmi eux… Cela étant dit, le sujet central du roman n’est absolument pas les années de plomb. En vérité, il s’agit d’abord d’une histoire d’amour, une belle histoire d’amour, avec un fond historique dont une partie seulement concerne cette période. Et puis, il fallait bien situer le récit.

«Marx est mort, mon amour» est votre premier roman. Pourquoi avoir opté pour la forme romanesque pour aborder ce sujet ?
Oui, c’est mon premier roman, mais j’ai déjà publié deux ouvrages dans le rayon «satirique» «Satire sur tout ce qui bouge» et «Que personne ne rigole». En fait, ça fait longtemps que je ressentais un besoin irrésistible d’écrire «autre chose», ou plutôt, «différemment». J’avais également envie de prouver, de me prouver, moi en premier, que je n’étais pas un simple « râleur – satireur – délireur », un exercice, soit dit en passant, que j’adore et que je pratique tous les jours, mais que j’étais capable, moi aussi, d’écrire « normalement », comme un « vrai écrivain». D’ailleurs, je dis souvent, en plaisantant à peine, que j’étais à la recherche d’une «crédibilité». J’espère que maintenant on va enfin arrêter de me prendre pour un «rigolo». Non, je rigole.

Prévoyez-vous l’écriture d’un autre ouvrage ? Quels en seront la forme et le sujet?
Oui, bien sûr. J’ai deux projets dont l’écriture est déjà entamée : un 2ème roman dont je garde le thème encore secret, et un livre sur ma longue vie passée (et dépassée) de… publicitaire. Le titre ? (provisoire) : « J’avais tout faux ». À côté de cela, je suis sur deux autres projets d’écriture de spectacles : un pour une grande comédienne marocaine, et un autre, un « one-man-show» pour… moi. Eh oui ! J’en reparlerai en temps opportun.

Le thème du voyage a une importance centrale dans votre ouvrage. Pouvez-vous nous parler de la fonction de cette dimension dans votre ouvrage ?
Effectivement, le voyage est à la base de tout le roman. Il m’a servi d’ossature et de pilier. Tout est raconté pendant et grâce au voyage qui est entamé par l’héroïne de Paris à Bordeaux en TGV. Le voyage dure en tout et pour tout trois heures. Et c’est durant ces trois heures où l’on apprend tout sur sa vie, son passé, ses rêves, ses déceptions, mais aussi sur la vie de tous ceux qu’elle a aimés, et en premier lieu, son amour passé vers lequel elle se dirige. Oui, c’est vrai, le voyage a une importance fondamentale dans ce roman. D’ailleurs, je me demande comment j’aurai pu m’en sortir sans lui. Il faut dire que les voyages en général, et en particulier les voyages en train, m’ont toujours permis d’imaginer et de me raconter des histoires. Cette fois-ci, j’ai décidé d’en raconter une aux autres. J’espère qu’elle va leur plaire.

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