Mohammed Hassouni : «Je suis pour un théâtre en dehors des murs»

Mohammed Hassouni : «Je suis pour un théâtre en dehors des murs»


ALM : Pouvez-vous nous présenter ces spectacles d’arts de la rue ?
Mohammed Hassouni : Les spectacles que nous avons présentés vendredi 26 et samedi 27 novembre sont le résultat d’un travail de presque une année lors d’une résidence à douar Mika. Il y a eu dans le cadre de cet atelier culturel itinérant un travail autour des arts manuels d’abord avec la population au sein de notre chapiteau «L’khayma», une structure de 200 m2, on a fabriqué divers objets, masques, marionnettes pouvant atteindre 3m50. Le second volet de ce projet intitulé «Arts de la rue, un espoir pour les jeunes exclus» a bénéficié à la compagnie du Théâtre Nomade. Il a été cofinancé par l’Union européenne à hauteur de 18 mille euros ainsi que par l’Institut français de Rabat et le Goethe Institut. Cela a permis de professionnaliser la compagnie du «Théâtre Nomade». Aussi le très distingué centre FAI AR-Formation avancée et itinérante des arts de la rue de Marseille a activement participé à ce projet en apportant son expertise artistique et technique.

Comment est née l’idée de ce spectacle ?
Je suis pour un théâtre en dehors des murs, proche des gens et qui surprend. L’année dernière à Douar Maza, nous avons abordé l’immigration en nous inspirons des cigognes qui n’y reviennent plus à cause de l’abattage de son habitat, les arbres. Cette année à douar Mika où il y a encore un petit bout de bidonville, on a donc exploité l’histoire du douar. Ce dernier est né des suites des inondations survenues au Gharb faisant immigrer plusieurs familles dans la périphérie de Salé. Ils ont bâti toutes leurs habitations à partir du plastique «mika». On a donc utilisé des matériaux plastiques récupérés pour créer une marionnette géante, le personnage Mme Mika qui est une magnifique princesse berbère tirée par une charrette et qui apporte la joie et la sérénité dans le douar puisque ces gens sont eux-mêmes d’une joie et d’une gaieté exceptionnelles. Nous ne sommes pas dans le misérabilisme…

Quel est l’apport de ce travail pour la population de ces quartiers ?
Cet atelier culturel itinérant a bénéficié d’un soutien de 200.000 DH. Il comprend en en plus d’un discours qu’on peut déceler autour de l’ écologique thème branché, ainsi qu’un travail de proximité avec la population, un passage à l’acte. On a aussi révélé des vocations chez des jeunes du douar Mika qui se sont joints à notre compagnie à l’instar d’autres jeunes du douar Maza et autres. La compagnie est désormais composée de 11 artistes qui étaient au départ exclus, dans la rue. Ils bénéficient désormais d’une activité à mi-temps avec un salaire de 900DH par mois. Nous sommes aussi contents d’avoir gagné la reconnaissance du ministère de la Culture qui nous a octroyé 45.000 DH. Aussi notre travail avec tous nos partenaires nous a permis de nous structurer, d’avoir une administration, des outils, des salaires et d’envisager ainsi des projets pour l’avenir dans d’autres quartiers défavorisés. Par ailleurs, il faut aussi que d’autres gens prennent la relève.

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