Mohammed Suerte Bennani : «Arc est un roman visionnaire»

Mohammed Suerte Bennani : «Arc est un roman visionnaire»


ALM : Pourquoi le choix du titre « Arc » ?
Mohammed Suerte Bennani : L’idée du départ était d’écrire un pur roman de science-fiction. Il s’agissait de raconter l’histoire du lancement d’une navette spatiale Arow (flèche). Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que j’avais écrit une grande partie du livre, alors que la navette n’était pas encore partie. Donc j’ai écrit sur ce qui tend la flèche, c’est-à-dire l’arc. L’arc peut évoquer l’arche de Noé. C’est aussi le symbole de la faiblesse de l’Indien face au Colon de la vieille Europe. L’arc, c’est la toute puissance des armées face à la faiblesse des hommes. Ou encore, la faiblesse de cette navette face à l’immensité de l’espace. A 47 ans, j’ai aussi senti le besoin d’ajouter une flèche à mon arc. Ce n’est pas qu’un livre de science-fiction, il y a de la psychologie.  C’est aussi un livre sur l’homme, sur le système. Et à chaque fois que j’ai commencé à décrire un personnage, un passager (il y a une cinquantaine de personnages), je me suis rendu compte qu’en arrière-plan, il y avait toute une thématique qui lui était liée, et qui revenait. J’ai approfondi cette démarche, pour arriver à avoir un ouvrage abouti et qui n’est pas seulement l’histoire de ces passagers, ou de cette navette qui se développe, mais qui est aussi une comédie humaine.

Comment se décline l’intrigue du roman ?
L’histoire commence le17 janvier 2013 par la découverte  d’une planète habitable loin de 55 années-lumière par rapport à la surface de la Terre. Pour l’atteindre, il fallait construire une navette munie d’un moteur nucléaire défiant la contrainte du temps (la vitesse de la lumière). Cette navette était prête avec une sélection de passagers en fonction de leur complémentarité. Et comme le projet est américain, le vaisseau comptait  6 américains en plus de passagers du reste du monde, un par continent. L’Afrique est représentée par Mehdi Ben (fils de X), c’est- à-dire de père inconnu, et qui a perdu sa mère à sa naissance. Et lui aussi, comme tous les autres passagers, sait qu’il s’embarque dans une expédition sans retour. Ainsi, tous ceux qui seront à bord de cette navette, y compris le personnel navigant, les pilotes, les physiciens, ont tous en commun une fragilité, une fêlure qui les a fait postuler et accepter cette mission sans retour.

Vous avez une carrière de médecin chirurgien. Qu’est-ce que vous apporte l’écriture ?
J’ai été depuis le début de ma formation en contact avec non seulement l’homme et la femme mais en plus avec l’homme malade et la femme malade, et leur désarroi et faiblesse face à une maladie. Cela fait aussi partie de cette expérience et de ce beau parcours qui m’a permis d’écrire ce livre. Et puis cet acte d’écrire et de créer, provient aussi de la volonté, du plaisir et du besoin de sortir de faire autre chose que mon métier, la médecine. L’écriture du livre a duré une année. Quand le roman a commencé à prendre forme, je ne pouvais plus revenir en arrière. Dès le départ, je me suis dis que je vais écrire sans tabou. C’était une remise en cause, des questions existentielles qui se posaient. Et puis je ne me suis pas arrêté à moi, je me suis posé des questions sur le monde qui nous entoure, sur la turbulence qui existait surtout en 2005 en 2006. La dérive dans laquelle le monde vivait, je l’ai vu et écrit. C’était donc quelque part un roman visionnaire.

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