Monica Bellucci : «Je fais un métier qui est tout à fait basé sur l émotion»

Monica Bellucci : «Je fais un métier qui est tout  à fait basé sur l émotion»

ALM : Quel sentiment cela vous fait d’être à Marrakech?
Monica Bellucci : J’aime beaucoup cette ville d’ailleurs j’y suis venue plusieurs fois dans ma vie. Dans le film «Rhino season» projeté en hors compétition dans le cadre du 12ème festival international du film de Marrakech,

Vous vous êtes glissée dans la peau d’une femme iranienne qui vieillit au fil des faits. Comment se fait-il qu’une Italienne campe un tel rôle ?
Pour un acteur, le corps est un atout pour s’exprimer. Dans de tels films notamment, où les émotions passent à travers les visages et les corps, le vieillissement devient important, parce que cela montre comment la vie a marqué cette femme. Pour moi c’était jouer un rôle qui est différent du mien du moment que je suis une femme occidentale et libre alors je devais jouer un rôle d’une femme qui n’a pas de voix. C’est le cas aussi du pays dont je suis issue et qui est fort marqué par le machisme. Alors les femmes ont dû lutter pour leurs droits, trouver une voix pour s’exprimer et encore aujourd’hui elles doivent le faire. Ces choses font que la femme quelque part se retrouve dans une situation d’esclavagisme, donc je peux comprendre une femme iranienne qui doit lutter pour exister.

Quelle est la valeur ajoutée de ce rôle dans votre carrière ?
Quand je fais un film je ne pense pas à la carrière. Par contre je fais un métier qui est tout à fait basé sur l’émotion. C’est ce que je cherche à travers le choix de mes rôles. Certes il existe un volet technique comme par exemple apprendre l’iranien. Mais, ce travail technique de l’acteur demeure minime, car la partie la plus intéressante c’est l’émotion qui est une partie inconsciente. C’est là où on ne sait pas pourquoi on fait telle ou telle chose à un moment déterminé. Cela se passe dans notre fond qui parle pour nous.
Je trouve que je suis faite avec ma mère, ma grand-mère voire mon arrière grand-mère. Toutes les femmes de mille an jusqu’à aujourd’hui ont composé ma personne et là je demande à toutes ces femmes comment je vais faire ce rôle. Alors toutes ces personnes qui sont dans l’intérieur de moi me disent comment faire et après je joue !

A quand un film au Maroc ?
Pour le moment, j’ai un projet avec Emir Kusturica en Serbie, c’est une histoire d’amour dont le tournage sera entamé en avril. Il va jouer avec moi et diriger le film en même temps. Après il a une histoire pour le Maroc qu’il voudrait y tourner, mais je n’ai aucune idée sur ce projet.

Quel regard portez-vous sur le cinéma marocain ?
Je pense que le Maroc a beaucoup de choses à dire sur le cinéma. Aussi, ce festival est en train de se transformer en une manifestation internationale très importante. Je trouve que le Maroc prend, grâce à ce festival, une ampleur internationale et  c’est tant mieux pour le pays.

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