Mouna Yagoubi : Faire venir le monde aux Casablancais, telle pourrait être la devise du festival

Mouna Yagoubi : Faire venir le monde aux Casablancais, telle pourrait être la devise du festival

ALM : Nous remarquons dans la programmation de l’édition 2013 du Festival de Casablanca une prédominance des artistes orientaux. Pourquoi ce revirement? Est-ce un changement définitif de répertoire du festival ?

Mouna Yagoubi : Il ne s’agit pas d’un revirement mais d’une démarche différente quant à la manière de concevoir le festival. En effet, nous avons, avec l’équipe organisatrice, pris l’option de privilégier un style musical par édition. Cette année, nous avons donc décidé de mettre la musique arabe et orientale à l’honneur car notre public a des liens culturels et affectifs avec cette région du monde. Par ailleurs la musique du Moyen-Orient a un énorme public, jeune et moins jeune chez nous. Cela nous a paru une excellente manière de renouer avec le public casablancais.

Pour les prochaines éditions, nous prévoyons d’apporter au public un esprit différent et la découverte d’un mode d’expression artistique et musical d’ailleurs, car ne l’oublions pas, le Festival de Casablanca se conçoit désormais comme une balade à travers les continents, les cultures et les styles musicaux.

  

A-t-il été (financièrement) difficile de redresser ce festival qui, rappelons-le, n’a pas pu être tenu l’année dernière ?

Cette année le festival est financé par le sponsoring et les fonds de la ville seront alloués à d’autres manifestations culturelles et artistiques afin que le public casablancais puisse, tout au long de l’année, profiter d’une animation et d’une véritable vie culturelle.

Nous avons fait appel aux opérateurs économiques dont la grande majorité opère à Casablanca et ils ont répondu présent et j’espère vraiment que ce festival marquera l’implication pérenne de nos entreprises dans leur ville et le développement d’une solidarité avec son devenir. 

 

Quelles seront les têtes d’affiche de cette édition 2013 ?

Le Festival de Casablanca, qui se déroulera du 23 au 25 août, propose cette année pas moins de 25 artistes, près de trois concerts par scène durant trois jours sur les trois sites aménagés : El Hank, Bernoussi et Ben M’sick.

Parmi les têtes d’affiche, issues du label Rotana et de la scène marocaine, le festival dévoilera des stars de la scène orientale telles que  Elissa, Najwa Karam ou encore Fares Karam et bien d’autres. Du côté marocain, nous aurons la grande Najat Aatabou, Saad Lamjerrad, Asmae Lamnaouar ou encore Don Bigg, pour ne citer que ceux-là. 

Une autre surprise attend le public casablancais le troisième jour du festival sur la scène El Hank. En effet le festival accueillera une star montante de la musique arabe, le talentueux jeune artiste palestinien Mohamed Assaf ainsi que les finalistes d’Arab Idol 2013. 

 

La mairie de Casablanca a récemment conclu une convention de partenariat avec Rotana, le plus grand groupe média du Moyen-Orient. Sur quoi cette convention porte-t-elle?

Un contrat-cadre a été, en effet, signé le 6 août 2013, entre la ville de Casablanca, représentée par Mohamed Sajid, président du conseil de la ville, et Karim Abi Yaghi, directeur exécutif de Rotana Audio visual. 

Ce contrat est un contrat cadre octroyant des conditions préférentielles pour le booking des artistes issus du label Rotana ainsi que la liberté des droits de retransmission sur les prestations des artistes Rotana au profit des chaînes nationales marocaines. La mise en place de cette convention va permettre à la ville de Casablanca de proposer des animations musicales tout au long de l’année dans le cadre de la dynamisation continue des champs culturels, et artistiques, de la ville. 

Par ailleurs, dans le cadre de la visibilité internationale de Casablanca et de la promotion de la ville en tant que destination, Rotana assurera la médiatisation des événements organisés en partenariat avec la ville à travers ses différentes chaînes et des autres médias dont elle dispose.

L’un des premiers projets entrant dans la mise en œuvre de cette convention est le Festival de Casablanca 2013.

 

Sur quoi misez-vous pour repositionner le Festival de Casablanca dans la mouvement artistique que connaît le Maroc?

Clairement sur le talent de nos artistes et sur le sens du partage et de l’accueil qui caractérise notre culture. Casablanca est un laboratoire d’idées et un creuset de talents, nous nous proposons de faire partager l’affiche de nos artistes avec un style musical ou une culture différents d’une année sur l’autre. Le festival doit être comme Casablanca, ouvert sur le monde et en perpétuel renouvellement. Nous allons donc poursuivre la réflexion pour offrir chaque année au public une découverte et une visite culturelle. Faire venir le monde aux Casablancais, telle pourrait être la devise du Festival.

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