Moussem de Tan-Tan : Retour en force

Moussem de Tan-Tan : Retour en force

Le moussem de Tan Tan est relancé de nouveau. Cette année, cette manifestation s’est déroulée du 13 au 19 septembre et avait pour principal objectif de valoriser le patrimoine du Sud du Maroc. Un patrimoine riche et représentatif de la culture locale. A cet effet, près de 600 tentes traditionnelles ont été installées sur une superficie globale de 10 hectares. Dans ces tentes, près de onze troupes traditionnelles étaient là pour représenter les différentes régions du Royaume.
En plus, d’autres pays subsahariens ont participé à ce moussem en ayant chacun leur tente. Ainsi, il y avait la présence du Mali, du Sénégal et de la Mauritanie. Ces tentes étaient dressées pour représenter entre autres, la culture nomadé à travers toutes ses composantes, culturelles, sociales et économiques. Cette culture, appelée aussi Hassanie, est commune aux Marocains, Maliens et Mauritaniens. Elle est caractérisée par la diversité de ses tendances et l’originalité de ses modes d’expression. Selon des propos relayés par la MAP, le patrimoine oral hassani est né entre les étendues désertiques et l’ondoiement poétique des dunes de sable. Ce patrimoine porte en lui les germes et les ingrédients d’une vision philosophique. Une vision qui s’avère très profonde et animée par une quête spirituelle. Cette quête se traduit à travers un corpus impressionnant de poèmes, de chants, de danses et de dictons.
Dans une déclaration à la MAP, l’écrivain et plasticien tantanais, Brahim Alhissen, a indiqué que ce legs nomade est aujourd’hui menacé d’extinction faute d’études, de collectes et de recherches. En effet, cette culture doit être étudiée et mise en valeur pour la sortir de l’oubli. A cet effet, le chercheur a estimé qu’il importe de faire valoir cet héritage culturel comme un patrimoine universel et authentique de l’humanité et de soumettre son étude à des approches scientifiques et comparatives. Ceci, en faisant appel aux différentes disciplines de l’ethnographie, de la sociologie et de l’anthropologie culturelles. Mettant en garde contre toute manipulation mercantile et usuelle de ce patrimoine, Brahim Alihssen a plaidé pour la mise en place de mécanismes appropriés pour la collecte et la transcription de cette culture orale suivant une stratégie méthodique de travail.
Outre les tentes d’expositions, cette manifestation a été marquée par la participation de quelque 110 cavaliers venus des différentes régions du Royaume et de 120 chameaux pour des courses. Cette cérémonie a été également marquée par la visite effectuée, samedi, par SAR le Prince Moulay Rachid aux différents espaces du festival. Ressuscité grâce au soutien de l’ambassadeur de bonne volonté, le découvreur espagnol Ketin Munoz, le Festival culturel et touristique de Tan Tan a prévu une série de tables rondes. Ces tables rondes ont traité notamment de la question des « potentialités touristiques de la province de Tan Tan », de « la contribution de la province de Tan Tan et des provinces récupérées au combat national et au renforcement de l’intégrité territoriale du Royaume « . Au programme figurait également une conférence intitulée  » l’Islam : religion d’amour, de modération et du juste milieu « . Cette rencontre a, selon la MAP, drainé des milliers de visiteurs. Dans son exposé, Benahmed El Ouafi, membre du conseil des Oulémas de Tiznit, a souligné que la clémence, la modération et le sens de retenue, sont des vertus que tout musulman pieux a le pouvoir le puiser dans ses propres ressorts profonds. Ces vertus font, selon lui, partie de la nature humaine.
Enfin, le moussem de Tan Tan fût également ponctué par plusieurs soirées artistiques et lectures poétiques versifiées en dialecte hassani. Des spectacles folkloriques, des courses de voiliers, des spectacles équestres, des courses de chameaux et d’autres activités sportives étaient inclues.
En somme, la résurrection du moussem de Tan Tan revêt un caractère très symbolique dans la mesure où cet événement cadre cette année avec l’initiative de l’UNESCO. Une initiative qui s’exprime à travers la volonté d’inscrire cette ville dans le patrimoine oral international.

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