20ème édition du Festival Gnaoua : La symbiose des musiques du Monde continue

Cette édition a été l’occasion de revisiter les créations originales qui ont vu le jour sur les scènes mythiques de cet événement. C’est le cas pour l’un des concerts de clôture qu’est la résidence Maâlem Abdeslam Alikane et Ray Lema.

2017 est une année particulière pour le Festival Gnaoua et Musiques du Monde. En effet, cette édition marque les 20 ans du festival. Il est actuellement considéré comme étant un des festivals les plus prestigieux au monde. Un titre qui vient récompenser le pari «audacieux, presque insolent» que se sont lancé les créateurs de ce festival. Vingt ans plus tard, ce festival fait toujours vibrer la ville d’Essaouira au rythme des guembris et bien d’autres instruments. Bien plus qu’une occasion de profiter d’une musique ancestrale dont les racines remontent à très longtemps, ce festival est aussi l’occasion pour que les gens de par le monde puissent communier autour de ce style de musique riche en traditions et en potentiel d’innovation.

«Pour fêter la 20ème édition comme il se doit, Essaouira s’est faite belle et les organisateurs ont préparé un programme riche et varié avec des concerts singuliers et des artistes de renom tels Lucky Peterson, Bill Laurance, Carlinhos Brown, Ismaël Lô, et bien d’autres», a souligné Jamal Makhtatar, gouverneur de la province d’Essaouira, juste avant le lancement du concert d’ouverture. Un concert grandiose qui s’est déroulé sur la scène Moulay Hassan et qui a réuni trois légendes. C’est ainsi que sont montés sur la scène Maâlem Saïd Kouyou et son frère Maâlem Mohamed Kouyou, accompagnés par le magicien des percussions, le Brésilien Carlinhos Brown. Ce concert est le fruit d’une résidence entre les trois artistes. C’est à travers plusieurs échanges, des mois à l’avance, que le concert a vu le jour et qui a permis au maracatu de croiser son ancêtre le karacatu. Par ailleurs, cette 20ème édition du Festival a été l’occasion de revisiter les créations originales qui ont vu le jour sur les scènes mythiques de cet événement. C’est le cas pour l’un des concerts de clôture qu’est la résidence Maâlem Abdeslam Alikane et Ray Lema.

Ce concert a été considéré comme l’un des moments les plus émouvants. La collaboration entre ces deux artistes ne date pas d’hier. En effet, ils se sont croisés la première fois en 2002, quand ils ont sorti un album ensemble intitulé «Safi» et qui marquera le début d’une très belle histoire. Des années plus tard, en 2007, les deux artistes se croisent à nouveau afin de fêter la première décennie du festival. Un an avant de se retrouver pour cette résidence qui a eu lieu sur la scène de la plage, les deux compatriotes ont pris ensemble et à nouveau le chemin des studios pour un nouvel opus commun. Maâlem Abdeslam Alikane et Ray Lema ne sont pas les seuls à donner un air nostalgique au festival. Band of Gnawa y a également contribué lors d’un concert le jeudi 29 juin sur la scène Moulay Hassan. Formé entre Paris et Essaouira en 2007, plus précisément à l’occasion des 10 ans du Festival Gnaoua, ce groupe veut rendre hommage au fameux album live «Band of Gypsys», tout droit sorti de l’esprit du génie de la musique qu’est Jimi Hendrix. Comme plusieurs stars du rock de cette époque, l’album live contient beaucoup d’influence du Maghreb et plus particulièrement de la musique Gnaoua.

La création n’est pas en reste. C’est ainsi que plusieurs spectacles originaux étaient au programme, notamment ce mariage entre le soufisme indo-pakistanais et la tagnaouite qu’est la résidence Titi Robin et invités.

En somme, une magnifique 20ème édition mise sous le signe de la célébration de la musique. Celle-ci étant au cœur de la philosophie originelle du Festival.

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