octobre 20, 2018

 

24ème Festival de Fès des musiques sacrées du monde : Un florilège de genres spirituels en ouverture

24ème Festival de Fès des musiques sacrées du monde : Un florilège de genres spirituels en ouverture

Dhafer Youssef, avec son luth qu’il renforce par une sangle, fait son apparition sur la scène. Il donne le la au pianiste issu d’Azerbaïdjan puis au contrebassiste new-yorkais avant de joindre leurs rythmes à ceux de la guitare jouée par un Norvégien et à la batterie par un New-yorkais.

Le week-end d’ouverture du 24ème Festival de Fès des musiques sacrées du monde qui se tient jusqu’au 30 juin sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI a été marqué par un florilège de genres spirituels. Cette sélection s’est manifestée dès le concert d’ouverture animé vendredi, en présence de SAR la Princesse Lalla Hasnaa, par différents artistes issus des quatre coins de la planète. Après cette création dans laquelle plusieurs styles musicaux marocains et étrangers se sont alliés au sacré tout en abondant dans le sens du thème «savoirs ancestraux» choisi pour cette édition, c’était au tour du grand maître du oud (luth), vocaliste et compositeur tunisien, Dhafer Youssef, de se produire samedi, sur la scène de Bab El Makina.

Dhafer Youssef enflamme Bab El Makina
A 21h, l’artiste est monté sur scène en compagnie de son groupe. La ponctualité étant, pour rappel, une qualité du festival. Dès que les musiciens se sont installés, chacun face à son instrument, Dhafer Youssef, avec son luth qu’il renforce par une sangle, fait son apparition sur la scène. Il donne le la au pianiste issu d’Azerbaïdjan puis au contrebassiste new-yorkais avant de joindre leurs rythmes à ceux de la guitare jouée par un Norvégien et à la batterie par un New-yorkais. L’ingénierie du son et le retour étant respectivement confiés, selon l’artiste tunisien, à un Italien et un Français. Ensemble, ils interprètent sans paroles deux morceaux du dernier album «Diwan of Beauty and Odd» de Dhafer Youssef. Une œuvre qui allie le mysticisme au jazz. Entre-temps, il interprète, par sa voix, des sons donnant l’impression d’être spirituels en mettant ses doigts sur son nez et sa bouche. De quoi donner un ton différent à sa voix qui constitue à elle seule un instrument de musique. Après quoi, il présente le groupe et s’adresse au public. «Je suis très content d’être au Maroc, pays de la musique», indique-t-il. L’artiste pose également une question aux festivaliers. «Comment allez-vous ?», lance-t-il. Et c’est au public de lui répondre sur un ton bas : «Bien». Il demande aux spectateurs de hausser leur voix. Chose qu’ils font. «Etes-vous prêts ?», enchaîne-t-il. La réponse positive du public l’incite à lui dire: «Alors, let’s fly !». Ainsi, l’artiste tunisien a poursuivi son concert en interprétant en premier lieu un petit poème intitulé «khalakta el kaoun» (Tu as créé le monde) en alternant, pendant deux heures, entre poésie et jazz mêlé aux rythmes occidentaux et orientaux, voire maghrébins. L’artiste qui interprète également un poème à propos du mois sacré de Ramadan, entre autres, ne manque pas d’échanger davantage avec le public en lui disant: «Ouvrez les bras». Chose qui incite les spectateurs tunisiens à arborer le drapeau de leur pays. A environ 15 min de la fin de son concert, Dhafer Youssef apprend au public l’approche de cette fin. «Si vous voulez plus, il faut screaming (hurler)», enchaîne-t-il. L’artiste laisse alors libre cours à ses musiciens et à la musique de son luth avant de partir aux coulisses. Le public le réclame pendant 5 minutes après la fin de son concert. Mais il ne revient pas sur la scène où il a laissé de beaux souvenirs pour ses fans.

La tariqa Hamdouchia «spiritualise» marocains et étrangers
Après le concert de l’artiste tunisien, les Hmadchas Maroc ont, dès 23h, «spiritualisé» samedi le public marocain et étranger le temps d’une veillée soufie célébrée à Dar Tazi située à la place Batha. Lors de cette soirée qui s’est étalée sur environ une heure et demie, la troupe, munie notamment de tbouls, a interprété des louanges au Prophète et à Dieu. Une prestation qui, marquée par un échange avec le public qui a chanté en chœur avec la troupe, a touché l’âme de l’ensemble des festivaliers qui se sont lancés en transe en position assise et debout. A elles seules, les femmes marocaines, qui excellent en youyous, ne se sont pas empêchées d’en faire. Il y avait vraiment de quoi égayer cette veillée soufie.

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