De la production pour lancer de nouveaux styles

De la production pour lancer de nouveaux styles

ALM : Vous vous êtes récemment lancé dans la production de chansons. Comment gérez-vous cette expérience ?   
 

Mohamed Moufid Abba Sbai : A vrai dire, il faut entrer en contact avec des studios pour se faciliter la tâche. Le problème réside notamment dans le financement de la production. Déjà, l’arrangement dans des studios adaptés au style d’une musique déterminée coûte assez cher. Pour l’heure, je me suis lancé dans cette expérience pour promouvoir de nouveaux styles après plus de sept ans en management artistique. Et je désire vivement foncer dans les deux! Entre-temps, j’ai pu décrocher des contrats de production dans le cadre de Visa For Music. Comme j’ai conclu une convention avec une nouvelle boîte de production.

Est-ce aisé de faire le management artistique outre la production ?

Le hic, c’est que certains artistes préfèrent gravir les échelons rapidement tandis que d’autres deviennent prétentieux. Or la musique est un domaine qui exige des recherches. D’autant plus que l’artiste est censé avoir une stratégie et être orienté par un bon manager pour bien avancer. Comme il doit suivre les conseils du manager pour réaliser ses ambitions.
 
Vous êtes dans le domaine bancaire. Vos employeurs ne voient-ils pas d’inconvénient dans le domaine artistique ?

Pas du tout puisque le statut de la banque pour le compte de laquelle je travaille  autorise l’engagement en œuvres sociales, littéraires, artistiques ou scientifiques. Et pour ma part, le côté matériel ne m’intéresse pas, c’est plutôt la passion qui m’anime. Mieux encore, j’essaie de venir en aide aux artistes selon mes capacités. Et pour vous dire, je suis passionné par les deux, la banque et le management. D’ailleurs quand je pars au studio, ça me permet de changer d’air et d’innover en styles musicaux.  

Et comment avez-vous intégré le management artistique ?

Avant de frayer ce chemin, je comptais à mon actif des études universitaires en économie que j’ai poursuivies pendant deux ans. Après quoi, j’ai pris des cours en informatique. Mais ce qui m’a incité à faire du management artistique et de la production, c’est ma passion pour la musique dès un bas âge. Je cherchais tout le temps des nouveautés en musique marocaine. Je m’interrogeais constamment sur l’inexistence d’artistes marocains s’intéressant à la musique moderne. Un jour, j’ai été impressionné par le passage du groupe Aflak dans les années 88 sur la radio. J’ai beaucoup aimé leurs chansons. Le hasard a voulu que je les rencontre, ce qui m’a permis d’apprendre énormément sur la musique. J’ai eu la même chance avec les Bouchnak et Tioussi. Quant à mes débuts en management, ils remontent à 2008. Mon premier contact c’était avec Aflak via Facebook. Je profitais de l’occasion pour leur recommander de retourner au Maroc. Comme j’essayais de leur prouver que la musique a évolué dans le pays. Ainsi, les Aflak m’ont insinué que J’av ais la fibre de manager que j’ai fini par développer de par mes recherches.

Quelle est votre démarche pour orienter les artistes ?

Avant de commencer avec un chanteur j’écoute ses chansons. Et je me rends à l’évidence qu’il a une très belle voix qui ne colle pas avec le style de musique pour lequel il a opté. Alors je le mets en contact avec un arrangeur qui adapte la voix du chanteur au style de musique adéquat. Aussi, j’accompagne les artistes au studio lors de l’enregistrement pour faire un apport d’idées pour que la chanson soit dans l’air du temps.
   
Quel regard portez-vous sur le secteur de la musique au Maroc ?

Il faudrait une étude qui pourrait présenter une base pour un statut légal dédié à l’industrie musicale au Maroc.  Ainsi l’artiste pourra générer des gains de son art. De par cette industrie musicale, l’artiste pourra également faire la promotion de ses chansons aux niveaux national et international.
 

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