Fatima Tihihit: «Quand on ne passe pas par une école, il est difficile de continuer dans le domaine !»

Fatima Tihihit: «Quand on ne passe pas par une école, il est difficile de continuer dans le domaine !»

Entretien avec  Fatima Tihihit, chanteuse

ALM : A la veille de 2017, on aimerait savoir s’il y a  du nouveau chez Madame Thihit…

Fatima Tihihit : J’animerai en début de 2017 des soirées à l’étranger, notamment en Belgique, France, Italie et Pays-Bas. Aussi, je prépare un nouvel album que je lancerai, malgré le phénomène du piratage, dans la même année pour faire plaisir à mon public. Cet opus, intitulé « Arken Tensaha » (Je vous conseille), comprendra 6 nouveaux morceaux en termes de composition et de paroles.

Quel genre de chansons comprendra ce nouvel album ? Et quels sujets y abordez-vous ?

Des singles variés aux airs traditionnels et modernes à la fois. Le public apprécie de telles chansons. Celles-ci seront, dans mon album, mêlées aux airs de plusieurs instruments. Le tout en paroles purement amazighes. Dans ces chansons, je parle de la situation des artistes, de la cherté de la vie, de l’ambition des jeunes, des parents et des enfants dont il faut prendre soin. Dans l’ensemble, l’album traitera de plusieurs thèmes.

Cela fait longtemps que vous n’avez plus lancé d’album quand même…

C’est par manque de moyens sans parler de la rareté des producteurs. En fait, je dois chercher un studio pour enregistrer, des musiciens et un imprimeur, entre autres, pour s’occuper de l’affiche de l’album. C’est difficile ! De plus, les organisateurs de festivals trouvent que les artistes marocains exigent des cachets faramineux. Ce n’est cependant pas le cas. Et si on donnait aux artistes marocains des cachets pareils à ceux octroyés aux artistes étrangers, les artistes marocains ne seraient pas en situation de crise matérielle. Auparavant, les artistes lançaient deux albums par an sans avoir à s’occuper de la recherche de studio et touchaient les cachets qu’ils exigeaient.

Vous avez à un moment interprété des rôles télévisés. Mais on ne vous voit plus sur le petit écran !

Déjà j’ai les deux arts, le chant et la personnification, dans les veines. Et pour répondre à votre question, je me suis affichée en ramadan 2016 dans une série amazighe.

Par contre, je n’ai pas encore reçu de rôles intéressants, pour des productions en langue arabe, autant que ceux dans «Doumoue arrijal» et «Dwayer ezzmane». En tout cas, je n’interprète que les rôles dans lesquels je serai à l’aise et que le public pourrait apprécier.

Quelle serait la différence entre le classique et le moderne en ce qui concerne la chanson qu’elle soit en langue arabe ou amazighe?

Je dirais que la chanson amazighe moderne diffère de l’ancienne. De nos jours, les singles modernes qu’ils soient en arabe ou en amazigh, chantés en cinq minutes, regorgent de refrains. Cela ne veut nullement dire que je n’apprécie pas les artistes de la nouvelle génération. Au contraire ! Et s’ils chantent ainsi, c’est pour être dans l’air du temps. En ce qui concerne les nouvelles chansons amazighes, les paroles ne sont les mêmes que lorsqu’il s’agit de celles utilisées par les anciens Rwaiss. Pour ma part, Lhaj Mhemad Demsiri, avec qui j’ai collaborée était un exemple, voire une école à mon sens, et ce qu’il chantait était d’un bon apport. D’autant plus qu’il m’avait prédestinée au chant. Tout cela c’est pour vous dire que quand on ne passe pas par une école, il est difficile de continuer dans le domaine !

Est-ce que la modernité a contribué à l’évolution de la chanson amazighe?

Pour mesurer le succès d’une chanson, il faut qu’elle soit appréciée par le public. Au bon vieux temps, les chansons étaient retenues dès la première écoute. Pour l’heure, j’écoute les chansons de Rkia Demsiria. Par contre d’autres chansons n’attirent plus l’attention. Il est vrai qu’il existe une évolution en termes de composition. Par contre, les chansons amazighes des années 80 et 90 étaient plus vendues qu’actuellement surtout qu’elles étaient lancées parallèlement à la Fête du Trône et l’Aïd El Kébir.

Vous ne pensez pas à faire d’autres duos ?

J’en ai déjà fait avec Fatima Zahra Laâroussi et Bouhssine Foulane. Je trouve que les duos, c’est vendeur. Je suis ouverte à toute proposition puisque j’apprécie tous les chanteurs.

Un dernier mot ?

J’espère que les artistes auront leur droit! il faut prendre soin de nous!

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