Festival des musiques sacrées du monde : La médina de Fès à l’honneur

Festival des musiques sacrées du monde : La médina de Fès à l’honneur

La programmation sera marquée par la participation du maître de flamenco, Jesus Mendez et ceux du Malhoun.

Si le 24ème Festival de Fès des musiques sacrées du monde, qui se tiendra sous le Haut patronage de SM le Roi du 22 au 30 juin, a choisi comme thème «Savoirs ancestraux», c’est pour bien des raisons. «Ce thème se veut de mettre en valeur le renouveau exceptionnel de la médina de Fès», précise, lundi à Casablanca, Abderrafih Zouitene, président de la fondation Esprit de Fès, initiatrice de l’événement, lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation du programme de ce festival. Il est question, à travers ce renouveau, d’essayer de faire revivre des endroits à l’instar de ce qui prévalait il y a quelques siècles. En procédant ainsi, M. Zouitene, qui prend ce renouveau pour une impulsion, pense à d’autres secteurs, notamment le tourisme et l’artisanat.

Un festival au service de Fès et régions

L’objectif de cette démarche étant, selon ses dires, que cette manifestation soit au service de la ville à travers une stratégie culturelle. «Fès a tous les atouts pour être la Séville ou la Florence à long terme», enchaîne-t-il. Par l’occasion, le président se félicite des arrivées touristiques dans la capitale spirituelle du pays. Il s’appuie par l’occasion sur les chiffres de l’aéroport de Fès qui a occupé la 4ème position en 2017 en termes d’arrivées. M. Zouitene rappelle, par l’occasion, le travail mené par son équipe avec le comité exécutif de l’Unesco pour l’approbation d’un partenariat avec la fondation. 

L’Espagne honorée avec une pensée pour les artistes marocains

A propos de la programmation dédiée au sacré, le président indique que celle-ci comprend, entre autres, des spectacles de l’Afrique soufie, du Gospel d’Afrique du Sud avec Aissaoua, de Goran Bregovic et ses lettres à Sarajevo. Quant à l’hommage qui sera rendu à l’Espagne, il sera, comme il le précise, marqué par le spectacle «Le voyage d’Ibn Battouta» qui sera animé dimanche 24 juin à Bab El Makina, par Jordi Savall. Le président, qui annonce également des mix entre maîtres du Maroc à l’instar de Driss Maaloumi et de Madagascar, ne manque pas de préciser que le festival se veut également de «mettre en avant les jeunes artistes marocains». Dans ce sens, il cite le nom du chanteur Issam Sarhan qui se produira en ouverture.

Un festival à la fibre sociale

«Nous essayons d’ouvrir le festival aux jeunes et aux étudiants de l’Université de Fès en leur offrant des invitations gratuites», poursuit Zouitene. Le président, qui indique qu’un travail est, de plus, fait sur la sécurité, annonce également la remise de ces invitations à «des associations de bienfaisance et celles pour handicapés pour être parmi nous durant le festival». Ainsi, cette manifestation aura développé une fibre sociale.

Une ouverture aux rythmes des artisans de Seffarine

A son tour, Alain Weber, directeur artistique du festival, qui détaille la programmation de cette manifestation, précise que le thème de cette édition aborde l’artisanat. Celui-ci est, selon ses dires, «le parent pauvre d’une forme artistique». «Nous avons essayé de chercher des ensembles de musique historique en rapport avec l’artisanat», poursuit-il. Le directeur artistique indique également qu’une nouvelle création intitulée «Maîtres du temps» ouvrira le festival. Celle-ci défie, selon ses dires, le temps et certaines formes artisanales à Fès à l’instar du tissage, tannage, cuir et de l’argile. «Des tableaux vont montrer une connexion entre la musique et l’acte artisanal», détaille M. Weber. Il précise également qu’un rapprochement aura lieu lors de ce spectacle avec «le bruit» créé par les artisans de Fès. Dans ce sens, il fait allusion à ceux de la place Seffarine à Fès. «Ce bruit crée une musicalité», estime-t-il en rappelant la participation d’artistes égyptiens et ceux de Bali outre des Marocains tout en mettant en avant une tradition amazighe. Selon ses dires, la programmation sera également marquée par la participation du maître de flamenco, Jesus Mendez et ceux du Malhoun qui est, à ses yeux, «la base du champ artisanal». Dans ce sens, il annonce la participation de Sanae Marahati. A son tour, le cheikh Yassine Touhami sera de la partie. La programmation du festival comprend également le spectacle de Dafer Youssef qui présentera son «Diwan de la beauté». A Jnan Sbil, d’autres artistes illustreront, de leur côté, l’artisanat. Aussi, des artistes indiens et amérindiens outre bien d’autres sont attendus au festival auquel une trentaine d’artistes se produisent.

Forum de Fès, un lien entre sacralité et spiritualité

Le forum de Fès qui se tient en marge du festival, selon Driss Khrouz, DG de la fondation, établira «une relation entre la sacralité et la spiritualité». Le programme de ce forum essaie, selon ses dires, d’articuler entre le lien social, créé par cette spiritualité, et l’art. Le tout en abondant dans le sens du thème du festival. A propos du spectacle «Chants séfarades, du sacré au profane» qui se tiendra, les 28 et 29 juin dans la synagogue «Slat El Fassyine» qui s’ajoute pour la première fois aux espaces du festival, M. Khrouz précise à ALM que «les places sont limitées. Pour répondre à la demande du public qui aura acheté des billets pour ce concert, nous avons programmé une deuxième soirée». Le directeur de la fondation ne manque pas d’indiquer que, pour l’heure, seul un billet a été vendu pour le concert de la musique Al Ala prévu le 27 juin à Bab El Makina. Il sera dirigé par le maître Briouel. Cela vaut le détour !

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