Le dernier né de Bigg : du lourd digeste grâce aux duos

Le dernier né de Bigg : du lourd digeste grâce aux duos

Soit on aime, soit on cherche une très grosse poubelle où le jeter. Le dernier opus de BIGG, c’est du Bigg entier, du lourd avec ses 16 titres. On ne peut pas l’ignorer si on l’a écouté.

«Talet» est à l’image de son auteur, jusque dans le logo. Un T renversé, en forme de touches de piano : Mélodique. Un T comme un Toufiq Hazib affirmé, parfois narcissique qui s’autoproclame l’un des pionniers du rap marocain et qui n’hésite pas à se lancer dans l’autobiographie notamment dans les titres «MVP’s» ou dans «2006…2014».

T comme Troisième album. T renversé comme un doigt d’honneur qu’il brandit volontiers à tous ses détracteurs, à tous ceux avec qui il règle ses comptes: les jaloux, les paresseux, les fatalistes, ceux qui veulent l’empêcher de prendre l’ascenseur social, les déchets du tiers monde… Bigg n’hésite pas à s’en prendre aussi les spécialistes du "Qaleb", les  magouilleurs qui renversent la situation à leur compte,  les éléphants de la politique, les commerçants de la religion, les pervers de la société, les vicieux, ceux qui profitent des plus faibles, les monstres pédophiles…

 

Autant dire que les thèmes sont multiples et divers dans cet album, à l’instar des rythmes et des influences, en l’occurrence, celles des américains 2pac,  Notorious B.I.G. et Outkast, entre autres.

Grosso modo, on sent l’effort, l’exigence, même si toutes les chansons ne sont pas des réussites, ( le refrain de « Ghatchathi », ou encore « Ana », entre autres). Mais une chose est sure : Bigg a le chic de bien entourer, et j’oserai dire, des meilleurs de sa génération. Ainsi des artistes talentueux ont participé à ce projet musical, ( parce que Bigg sait aussi dénicher des talents grâce à sa boite de production DBG).

Dans cet album, on retrouve ainsi le jeune Marwan El Bekri , lauréat des premières éditions de studios 2M. Marwan qui depuis, tout en restant discret, a enchainé des duos avec des artistes internationaux, notamment avec Cheb Khaled pour «Leila».

Dans ses collaborations avec Bigg, notamment dans « Melli kount Sghir », «Gaama Ala Balla», « Lmizane », un aspect nouveau de Marwan ressort : sa capacité à chanter du R’n’B en darija, lui qui est habitué à l'interpréter en français et en anglais. C’est un bon filon artistique à exploiter pour un éventuel prochain album de Marwan.

On retrouve également la magnifique touche soul berbère moderne et authentique d’Ahmed Soultane dans la chanson T-JR. Le clip de ce track dévoile la beauté d’un village paumé de Fkih Bensaleh, c’est un retour aux racines du Rappeur.  Avec ce titre aux airs familiers rappelant «Ain't no sun shine», Toufiq s’adresse directement à Toufiq-JR, son fils. Il lui transmet son héritage, les principes, les valeurs. C’est mignon, c’est personnel, c’est osé, mais ce n’est pas étranger à BIGG qui avait dans son précédent album consacré une chanson à Feue sa maman.

Dans Talet, on rencontre aussi d’autres artistes comme le rappeur Masta Flow, le jeune Nadeer à la voix suave, ou encore le rockeur Adil de Babel, Papi Mouchkil, Small X… ces featurings, sept en tout, affinent le surpoids de cet opus, réduise le côté envahissant de Bigg.

Rien que pour ces duos, Talet mérite le détour de ceux qui, sans être adeptes de Rap, aiment faire de belles petites découvertes musicales. Pour les autres, soit on aime, (ce qui signifie "on achète" dans le langage de BIGG),  soit on se bouche les oreilles.

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