L’hommage posthume à feu Ammouri Mbarek

L’hommage posthume à feu Ammouri Mbarek

ALM : Comment est née l’idée de ce spectacle ?

Abderrazzak Zitouny: La spécificité cette année est que Ammouri Mbarek est un artiste que j’admire. J’ai été bercé par sa musique à la fois moderne et traditionnelle. Traditionnelle dans le sens où il s’inspire du patrimoine amazigh mais surtout parce que l’on a  eu l’occasion de travailler ensemble en 2005 dans le cadre du festival Timitar Off pour la création  autour d’Azaykou «Fragments fragmentés», qui était un hommage à feu Azaykou qui avait écrit la majorité des textes qu’il a chantés avec brio. J’ai découvert le personnage, l’artiste et la personne qui était d’une très grande sensibilité et d’une créativité débordante. C’était une personne très professionnelle dans la mesure où il respectait ses engagements et d’une grande ponctualité.
J’ai également travaillé sur d’autres spectacles autour de Khair-Eddine et d’Inzenzaren et il a toujours été présent et a aimé mon travail. Nous avons émis souvent l’envie de travailler ensemble mais nos engagements ne nous ont pas donné la possibilité de nous pencher plus sur le projet tant désiré. J’ai quelques regrets par rapport à cela.  Et là je rends un hommage posthume à ce grand artiste.
J’ai fait un spectacle autour de son œuvre musicale et autour de sa pensée en tant qu’artiste et en tant qu’humain.

Quelle a été votre démarche pour donner naissance à cette pièce de théâtre ?

Le spectacle regroupe à la fois des comédiens français et marocains, des danseurs, des musiciens et des productions vidéo. J’aime bien l’idée d’alterner toutes ces disciplines parce que je pense que le spectacle maintenant n’est plus cette forme classique de textes. Je crois que dans l’amazighité en particulier nous disposons des images, du patrimoine, du rythme et de la musicalité pour travailler dans ce sens et alterner toutes ces disciplines. C’est un spectacle contemporain.
Dans le spectacle, les comédiens lisent des textes et interviennent en tant que comédiens. Nous avons aussi un danseur qui cherche à la fois à être lui mais aussi à intégrer quelques mouvements liés à l’identité amazighe et tout cela dans une ambiance où il tente de transmettre des messages pas autobiographiques.

Qu’en est-il de la documentation ?

Mon objectif est de faire un spectacle autour de Ammouri Mbarek à travers sa musique, quelques éléments de sa vie mais surtout à travers ce qu’il a laissé comme legs en matière de patrimoine musical aux Marocains en général. Au-dela de son amazighité, Ammouri est pour moi universel quand j’écoute sa musique rythmée qui est une harmonie entre le moderne et le traditionnel, je comprends son apport. Il a introduit avec «Oussmane» la guitare, l’accordéon, comme il a toujours pensé polyphonique. Tous ces éléments m’intéressent et j’ai tenté de les intégrer dans le spectacle.

J’ai essentiellement travaillé sur les poèmes d’Azaykou. Ce sont des poèmes très bien traduits. J’ai fait des recherches sur ces poèmes en plus de la touche personnelle et la sensibilité que cet artiste rajoutait à ses créations. Il y a eu cette recherche liée au poème mais il y a eu aussi un travail sur le texte de «Tazwite» (l’abeille). D’ailleurs le spectacle s’appelle «Abeille, je veux être ton compagnon de route.» Par la suite il a fallu trouver un lien thématique entre toutes ces données et le lien avec Ammouri, et c’était là la difficulté du travail de faire un spectacle sans que ce soit autobiographique. Dans ce sens nous avons travaillé sur des thèmes qui lient tout cela, notamment l’errance, l’exil, la nature, l’enfance. Ce que l’on trouve dans l’œuvre de cet artiste en tant que chanteur, compositeur et humain.
L’enfant qui joue dans ce spectacle fait également le lien entre toutes ces thématiques et recherches. L’enfant est resté enfant dans le spectacle et Ammouri est resté cet enfant dans l’âme. Ammouri a toujours été pour moi un enfant qui est resté dans la créativité.

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