juillet 24, 2017

Lors d’une soirée dans l’Académie du Royaume: Le malhoun célébré à sa juste valeur

Lors d’une soirée dans l’Académie du Royaume: Le malhoun célébré à sa juste valeur

L’idée de l’Académie consiste à rassembler les recueils de poésie du malhoun pour la simple raison qu’ils sont conçus par des poètes modestes dont les œuvres sont dispersées.

Abdeljalil Lahjomri, qui veut faire de l’Académie du Royaume, dont il est secrétaire perpétuel, un haut lieu de réflexion, concrétise sa démarche. Après la publication, tout récemment, du 10ème recueil poétique dédié au malhoun sous la supervision du Dr Abbas El Jirari, cet espace de la pensée a célébré, mercredi soir dans son somptueux siège à Rabat, l’art du malhoun dans tous ses états. Le tout avec un bon brin d’humour.

Une comédie musicale

Lors de cette soirée, le chant est allié au show, conçu par Abdelmajid Fennich, devant un public assez élitiste qui trouve son compte. Avant de laisser libre cours aux interprètes du malhoun (mounchidine) à l’instar de Majda El Yahyaoui et Sanae Marahati, des acteurs, dont Bouchra Aouinti et Mohamed Ben Abdellah El Joundi, présentent les poèmes (Qssaïd) et leurs concepteurs (Chioukh). A commencer par Cheikh Abdelaziz El Maghraoui, dont les Qssaïd sont conçue dès le 11ème siècle, en passant par Cheikh Abdelkader El Alami qualifié de «Lemaâllem» et d’autres. Pour l’anecdote, le Cheikh Jilali Mtired se voit offrir, selon la pièce interprétée, «un instrument de musique (goual) par une grenouille !». Chose qui fait rire le public attentif qui apprécie également «Lillah Ya Chemâa» interprétée par la troupe de mounchidine et le poème « Ezzerda » présenté à son tour avec humour. De quoi «savourer» l’art du malhoun dont le doyen Hadj Ahmed Souhoum est mis à l’honneur lors de la soirée.

Au-delà de la célébration

Pour M. Lahjomri, «ce spectacle en soi n’est qu’un aboutissement». L’idée de l’Académie consiste à rassembler les recueils de poésie du malhoun pour la simple raison qu’ils sont conçus par des poètes modestes dont les œuvres sont dispersées. «Déjà, Mohamed El Fassi et Abbas El Jirari ont créé une commission sur instruction de Sa Majesté pour réunir ces poèmes. Ils ont commencé par le recueil du 11ème siècle jusqu’à nos jours», rappelle le secrétaire perpétuel. Pour lui, le malhoun est non seulement fait pour être publié mais aussi pour goûter à l’esthétique de ses paroles et chants. D’où l’intérêt de la soirée. «Nous avons voulu donner au public une anthologie de ces recueils exécutés par l’ensemble de ceux qui chantent le malhoun», précise-t-il. Selon M. Lahjomri, le spectacle est préparé depuis environ un an par  Jirari et Fennich. Une période marquée également par le rassemblement d’artistes venus de différentes régions du Maroc avant de mettre les dernières touches sur le show. «Nous avons fait des répétitions depuis une dizaine de jours pour préparer cette production de l’académie», détaille le secrétaire perpétuel. L’œuvre est enregistrée pour un tirage sur CD. «Certains artistes ont l’idée de rééditer ce spectacle soit dans des universités, salles de théâtre ou musées au Maroc», souligne-t-il. Par l’occasion, M. Lahjomri se félicite du déplacement de certains spectateurs issus d’Algérie, d’Allemagne, de France, d’Irlande pour apprécier le recueil publié et cette création théâtrale.

Appel à la coordination entre associations

A propos de l’intérêt porté par les jeunes pour le malhoun, M. Lahjomri l’explique par le caractère poétique et non vulgaire de la langue de cet art. «Les jeunes sont sensibles à la poésie et s’y intéressent. L’hommage à Souhoum est pour donner aux jeunes le modèle des personnes modestes qui créent», estime-t-il. Le secrétaire perpétuel prend également appui dans les propos de M. Jirari qui estime que «les associations œuvrant en malhoun ne coordonnent pas entre elles»

Et ce n’est pas tout ! M. Lahjomri se félicite de l’apprentissage prodigué lors du spectacle. «Le public a appris des choses extraordinaires sur l’histoire du malhoun. C’est un savoir et une connaissance historique, sociologique et politique puisque même le sultan Moulay Abdelhfid était un cheikh de malhoun», détaille-t-il. Quant au haut lieu de savoir dont il préside aux destinées, il envisage d’y développer un volet des beaux-arts qui n’ont pas d’académie au Maroc. «Cette académie a un collège qui va se développer dans cette discipline», conclut-il.

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