Peut-on dissocier l’élan d’Essaouira de celui du Festival ?

Peut-on dissocier l’élan d’Essaouira de celui du Festival ?

Qu’apporte un festival comme Gnaoua et Musiques du monde à une ville comme Essaouira ? La réponse a été apportée par la Fondation Valyans Consulting. Si l’on se base sur une étude réalisée par cette dernière, la ville connaît une multiplication du chiffre d’affaires par 2, voire par 7 pour certaines activités. Tour d’horizon.

Au Maroc surtout, l’on a tendance à crier, et en permanence, la grande dépendance de l’art des politiques.

L’on scande aussi l’absence de considération dont souffrent les différentes manifestations dans ce sens et l’on imagine difficilement leur succès de façon autonome. Tout cela ne peut véritablement pas être contredit mais, que peut-on dire du cas d’un évènement artistique qui, lui, sert son milieu plus qu’il s’en sert ? 

Chiffres à l’appui, depuis le lancement du Festival Gnaoua et musiques du monde en 1998 et sur les 16 années qui s’ensuivent, l’économie de la ville aurait généré 1,7 milliard de dirhams. Une somme considérable si l’on se prête au jeu de comparaison avec le budget alloué à l’organisation du festival et dont le cumul sur 16 ans est établi à plus ou moins 100 millions de dirhams.

Aujourd’hui, comme l’explique Neila Tazi, «le Festival Gnaoua et musiques du monde dispose d’un budget de 12,5 millions de dirhams, ce qui est peu au regard de sa taille et des résultats obtenus». En sa qualité de directrice-productrice du Festival, Neila Tazi ne cache pas ses craintes. «Nous espérons voir ce budget s’améliorer avec le temps car la qualité a un prix et les artistes aussi». Quant au modèle de financement d’un évènement de cette ampleur, la même source précise qu’il est constitué de 71% de fonds privés et 29% de fonds publics.

Qu’il s’agisse des petits ou gros commerces, des hôtels de luxe ou d’auberges ou encore des activités gastronomiques, tout change de couleurs à Essaouira pendant son Festival. Même si cette ville abrite plusieurs autres festivals, son nom est indissociable de celui qui s’y tient depuis 18 ans : le Festival Gnaoua et musiques du monde.

Ce sont là aussi les conclusions de l’étude menée, il y a une année, par Valyans Consulting et qui s’intéresse à l’impact socio-économique de cet évènement. En effet, ils seraient 60% des répondants à associer Essaouira à l’art, au festival et aux Gnaoua. Plus intéressant encore, au niveau économique, cette même étude démontre que pour chaque dirham investi par le Festival, Essaouira génère 17 dirhams.

Dans ce même  sens, les données fournies démontrent que la valeur ajoutée du Festival Gnaoua et musiques du monde serait globalement de 800 millions de dirhams pour les 16 premières années de l’évènement, soit l’équivalent de 50 millions de dirhams par an. Sur une autre échelle, il y a lieu de noter que la ville d’Essaouira aurait perçu pas moins de 180 millions dirhams en taxes et impôts entre 1998 et 2013.

Ce qui ne serait pas tout puisque l’élan de l’activité touristique doit beaucoup au Festival Gnaoua à tel point que les bazars, à titre d’exemple, multiplieraient leurs chiffres d’affaires durant la période du festival jusqu’à par 7. Quant à la capacité litière de la ville, elle aurait remarquablement grimpé pour passer de 1.200 lits en 2001 à 5.600 lits il y a deux années.
Somme toute, comme le souligne Neila Tazi dans une interview accordée à ALM, «la force du festival est qu’il est avant tout une aventure humaine.

Une aventure dont l’impact social est fort». Un constat qui laisse dire que finalement oui, la culture peut faire vivre, peut créer de l’emploi et générer des revenus, à condition que les différents acteurs s’y engagent.

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