Musiques sacrées : Ben Harper fascine le public du festival de fès

Musiques sacrées : Ben Harper fascine le public du festival de fès

 

Ben Harper, le messie tant attendu par ses fans est enfin venu à Fès, dimanche 12 juin, pour la clôture de la 17ème édition du Festival des musiques sacrées. Il s’agit de son premier concert dans une terre africaine. C’est tout un mystère, une symbolique pour cet artiste nomade aux racines multiples. Sur sa poitrine, son T-shirt noir, est écrit « Fès » en lettres arabes. Ville qui l’a fasciné et dont il est venu éblouir le public. «Je ne serais jamais plus pareil en revenant chez moi après ma visite, aussi courte soit-elle, à la médina de Fès. Je n’avais jamais vécu pareille expérience», avait-il confié avant le concert. Le trac du grand Ben se dissipe au fil des premières mélodies mystiques de sa guitare-slide introduisant le set acoustique. Aux anges, les spectateurs : «Il est là, juste en face, c’est Ben en chair et en os», arrivaient-il à peine à le croire. «Croire», c’est justement de cela qu’il est question chez Ben Harper. «Je peux changer le monde avec mes propres mains, le rendre meilleur avec mes propres mains», chante-t-il dans «With my own two hands», version acoustique. Dans un même élan, le public applaudit, adhère au message avec ses propres mains. Puis, «I will not be broken» (On ne me brisera pas), «Don’t give up» (Ne laisse pas tomber), «Give a man a home» (Offrir un toit à quelqu’un), les titres s’enchaînent, les messages avec.  «Enfin, je suis à Fès, maintenant la vie peut continuer», déclare-t-il à ses hôtes qui crient excités de joie. La plupart sont des jeunes, des mélomanes avertis venus de toutes les régions du Royaume. Ils chantent en chœur «There will be a light», «Walk away» , «Another lonely  day» , « Daimonds on the inside». Toutes les chansons de Ben sont des tubes. Lui qui a une quinzaine d’albums à son actif depuis 20 ans de carrière. Mais Ben surprend toujours. Avec un titre que personne n’avait jamais écouté, il sort le grand jeu: La musique se fait muette. Seule se distingue la voix brisée de Ben Harper qui a banni le micro suscitant la stupéfaction du public qui croit en une panne. Ben crie de tout son cœur, il prie : «Seul, je viens à toi avec mes bars ouverts. Oh Seigneur». Repoussant les limites de son art, les transgressant, provoquant les têtes bien pensantes, il est en cela dans la lignée du légendaire Jimi Hendrix quand il a brûlé sa guitare sur scène ou quand il avait interprété l’hymne national américain critiquant la guerre au Vietnam. D’ailleurs, tous deux, Ben Harper et Jim Hendrix ont des racines Cherokee. «La vie est par essence imparfaite. J’essaie justement à travers ma musique de sublimer cette imperfection de la vie», avait-il axpliqué lors de la conférence de presse. Ben couronne son concert avec «Better Way», chanson inspirée des mélodies du raga indien et qui résume le message de sa musique ( voir entretien). Il quitte la scène avant de revenir après une longue standing ovation du public.
Vêtu d’une djellaba et de babouches offertes en guise de remerciements, il chante «Waiting on an angel» en chœur avec de jeunes fans qu’il a invités sur scène. Et généreux, il prolonge en chantant d’autres titres, la magie de sa rencontre avec le public de Fès.

 

 

 

 Bio express
Ben Harper, né dans une famille de luthiers de Californie, puise aux racines du rock, de la soul, du folk, du blues mais aussi du gospel et nous renvoie au cœur d’une Amérique traditionnelle et contemporaine, celle de Bob Dylan et de Jack Kerouac, et plus largement celle de tous ces artistes hobo noirs ou blancs errant à la recherche d’une autre vie, pris dans cette quête d’un voyage sans fin.  Une Amérique qui, à travers ses baladins et ménestrels nomades, a porté l’essence même d’une spiritualité issue des souvenirs d’une Afrique perdue, des vicissitudes de l’esclavage et des espoirs des premiers colons.

 

 

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