Musiques sacrées : le droit à la différence

Musiques sacrées : le droit à la différence

Et de dix pour le Festival de Fès des musiques sacrées du monde. Bénéficiant d’une forte médiatisation, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, cette manifestation ne cesse de gagner en prestige au fil des éditions. Prévue du 28 mai au 5 juin prochains, l’édition de cette année promet encore plus de sensations. C’est du moins ce qui ressort du point de presse organisé par les organisateurs, mardi à Casablanca.
Et pour cause, cet événement s’achemine de plus en plus vers une optique non seulement de mise en valeur de la musique spirituelle, avec l’esprit de tolérance religieuse et culturelle que cela implique, mais aussi de plate-forme de débat. Un débat d’ordre politique se rapportant au droit à la différence. Ce festival tombe, en effet, à point nommé eu égard à la situation qui prévaut dans le monde. Il se veut dans ce sens riche et diversifié. Un choix du moment, mais aussi une mission. Le Festival de Fès qui a été désigné, en 2001, par l’ONU comme l’un des événements majeurs ayant contribué au dialogue des civilisations. Concerts de musiques, mais aussi séminaires et colloques, notamment sur la paix, la démocratie et la spiritualité, sont au programme.
Les habitués y retrouveront des voix auxquelles le festival semble être scellé, à savoir Soeur Marie Keyrouz et l’Ensemble de la Paix (France, Liban), Sabah Fakhri (Syrie), Sharam Nazei (Iran), Choeur Sirine (Russie), Liz Mc Comb (USA) ou encore Miriam Makeba (Afrique du Sud) et les Derviches Tourneurs de Konya (Turquie). La grande Francoise Atlan sera aussi de la partie. Un nom auquel s’ajoutent bien d’autres. Un lot important de nouveaux venus sera également au rendez-vous. A commencer par le Sénégalais Youssou N’Dour qui donnera le premier concert de son dernier opus dédié à la paix et à la tolérance, des moines D ho et l’orchestre oriental de Nazareth (France, Palestine, Israël) et du Marocain Mohamed Rouicha, entre autres. Répartis sur plusieurs sites de la capitale spirituelle du Royaume (Bab Makina, Place Boujloud, Musée Batha), des concerts de chants sacrés vont se dérouler sur le site romain de Volubilis, situé au pied de la montagne de Zerhoun. Le lieu de savourer des concerts de musique, mais aussi des poésies mystiques, ateliers, cafés littéraires, expositions, projections de films et même des activités pédagogiques pour enfants.
Des concerts gratuits destinés au grand public sont également au programme.
Des invités de marque animeront par la même occasion des conférences sur «la démocratie globale», «les spiritualités face aux problèmes du monde », « les économies solidaires », et « les cultures de paix au Moyen-Orient ».
Parmi ces personnalités, il y a lieu de citer Dominique de Villepin, ministre français des Affaires étrangères, poète et écrivain, Yasser Abed Rabbo, ex-ministre palestinien et membre de la Coalition pour la Paix, Yossi Beilin, ex-ministre israélien et initiateur du processus de paix d’Oslo, Richard Gere, comédien américain, et James Wolfensohn, président de la Banque mondiale. Un festival de grande envergure donc, mais qui n’en commence pas moins à enfante de bien d’autres événements à part entière. Il s’agit entre autres de « Spirit of Fès », un festival itinérant marqué par une effectuée aux Etats-Unis à travers une vingtaine de villes américaines (6 mars-6 avril 2004) et qui a réuni des représentants des trois religions monothéistes ayant participé à différentes éditions du festival.
Le succès était bel et bien au rendez-vous, l’impact médiatique aussi. A l’instar des éditions précédentes, les colloques du festival seront compilés dans un livre. Des disques et un DVD devront également sortir à l’issue de cette manifestation.

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