Mustapha Buchry : Quand le ciel est conquis

Mustapha Buchry : Quand le ciel est conquis

La carte du ciel n’a plus de secret pour Mustapha Buchry avec ses 24 mille heures de vol. Ce chef de cabine couronnera sa riche carrière, en recevant le Wissam alaouite du mérite le 8 mai 2011. Plus de 34 ans survolant le monde entier. Une vie rythmée par le dépaysement au contact de diverses cultures et sociétés, le service d’éminentes personnalités. Une carrière distinguée par son exigence du métier, lui valant d’être souvent chargé de mission et de vols spéciaux. L’atteste un dossier professionnel contenant, plusieurs prix d’assiduité (aucune absence), divers diplômes et attestations et surtout plus de 500 lettres de félicitations en diverses langues émanant de présidents d’état, d’artistes, de décideurs et de divers clients de sa compagnie aérienne. «Je vous adresse une lettre de félicitations pour votre attitude courageuse et calme lors du détournement du 27 mai, dénoué rapidement et d’une manière heureuse. Grâce à votre sang-froid qui vous a permis de conserver votre comportement naturel, les passagers ont pu ignorer jusqu’à leur arrivée à Tunis les circonstances difficiles dans lequel il s’est passé». C’est ce qu’on lit dans une lettre de son dossier, signée Général Driss Benomar Alami, directeur général de la RAM et adressée à l’issue d’un détournement d’avion perpétré en 1982. Autres moments forts, l’honneur de servir plusieurs fois Sa Majesté le Roi Mohammed VI. A soixante ans, Mustapha Buchry est un homme qui vécu l’évolution de l’aviation commerciale, lorsque avion rimait avec luxe, avant que les vols charter n’imposent leur logique « low-cost». Mais pour ce steward émérite qui maîtrise couramment le français, l’allemand, l’anglais et le hollandais l’exigence demeure la même. Le vol doit être agréable en sa compagnie. Rien n’ébranle son professionnalisme. Sa devise : «transporter le client d’un point à un autre, dans les meilleures conditions de confort, de sécurité et de sûreté». Pour lui, la préparation d’un vol commence depuis sa maison, par l’entretien de la tenue, la préparation des documents, l’étude de la carte géographique, le respect d’une hygiène de vie saine. Tout pour accueillir dans la bonne humeur, avec le précieux et sincère sourire le passager. Un passager qui a auparavant subi toutes les contraintes de sécurité imposées à l’aéroport. Il faut se soucier du bien-être et du confort de ce dernier. Mais pas facile, ce métier où l’on est constamment en déplacement aux dépens de la vie privée. Les enfants en souffrent, leur éducation peut en pâtir, d’après l’expérience des collègues de Buchry, le personnel naviguant aussi bien que les pilotes, les commandants que les hôtesses et stewards. On développe une autre notion du temps, à cause de décalage horaire. Exemple: Buchry embarque dans un vol Casablanca -New York équivalant moins 5 heures de décalage en plein été, de retour à Casablanca, il reste 48h avant de repartir vers Jeddah avec plus 3 heures de décalage. Sans parler qu’à force de voler en altitude, on peut même souffrir de manque d’oxygène. Mais tout cela est supportable pour Mustapha grâce au soutien de sa femme. «Elle m’a beaucoup aidé dans ma vie professionnelle. Elle a toujours était présente à mes côtés. M’a soutenu, a élevé mes enfants. A 3h du matin , 4,h, 5h, elle était toujours debout m’assistant, me préparant valise, documents, uniforme…», a déclaré Buchry dédiant à sa femme le Wissam du mérite alaouite. Né un 14 février, (Saint-Valentin) à Casablanca, Mustapha Buchry est père de trois enfants. Il vit actuellement à El Jadida. Après une formation en hôtellerie au Maroc puis en France ; il intègre la RAM. Il a visité les quatre coins de la Terre et assuré plusieurs vols spéciaux notamment à Séoul, Tel Aviv à l’époque d’Isaac Rabin et Bagdad en pleines hostilités. Actuellement en retraite, il a reçu des offres de plusieurs compagnies pour assurer la formation de la relève.

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