Najib Chairi : «Horizon, pour donner de la visibilité à la cause palestinienne»

Najib Chairi : «Horizon, pour donner de la visibilité à la cause palestinienne»


ALM:La mise en ligne de votre dernier clip coïncide avec le 27 décembre, la date deux ans après du début des hostilités contre Gaza ayant fait 1.300 morts palestiniens. Quel en est l’objectif?
Najib Chairi : «Horizon» est notre huitième clip musical. C’est un duo entre mon groupe de Rap Code rouge et la chanteuse tunisienne Amel Mathlouthi, l’une des rares chanteuses arabes engagées. Je l’ai rencontrée grâce au mouvement Génération Palestine qui a soutenu la production de notre clip. Ce dernier s’inscrit dans la campagne de sensibilisation pour la cause palestinienne organisée par Génération Palestine, un collectif multiracial et culturel qui défend la cause palestinienne et vise à ne pas communautariser le conflit au Proche-Orient. En créant de l’émotion, ce clip constitue une autre manière de toucher un maximum de monde, notamment un public plus occidental pour donner de la visibilité à la cause palestinienne.

Pouvez-vous nous parler de votre groupe?
Je fais du rap depuis près de 12 ans. A la base nous sommes deux. Moi, j’écris, compose et interprète mes chansons et Joêl Gires, un ami belge qui s’occupe du mastrering, du son, du mixage et de la réalisation. On a fait un premier album, «Pour la couleur de nos yeux». On travaille actuellement sur un deuxième album.

Quel est votre lien avec le Maroc ?
Je suis de la deuxième génération de Marocains en Bruxelles. Ma mère et mon père ont immigré en Belgique dans les années 60. Chaque année, je reviens au Maroc, la terre de mes racines. J’ai aussi eu l’occasion de tourner un clip à Tanger . C’est un remix de la chanson de Raina Rai, «Ya zina». Il a été diffusé sur 2M et a fait 400.000 visiteurs sur Youtube. Et puis, on aimerait bien avoir des dates de concert au Maroc outre les quelques-une qu’on a à Bruxelles

Outre Internet, quels sont les autres outils qui s’offrent à vous pour rappeler et défendre la cause gazaouie ?
Il n’a y a pas qu’Internet pour partager notre message. Il y a eu un appel à la manifestation qui a drainé dimanche 26 décembre plus de 1.000 personnes à Bruxelles. Mais en dehors d’Internet, il est de plus en plus difficile de diffuser sur les chaînes de télévision des clips engagés ou tout ce qui a rapport avec la Palestine. Internet fait partie des nouveaux médias de plus en plus efficaces et porteurs de notre cause et notre art.

Comment est né votre  engagement ?
Le fait d’être arabe et musulman en Europe devient de plus en plus mal vu.
On se sert de nous comme bous émissaires pour ne pas aborder les vrais problèmes de la société occidentale. Si on n’agit pas, on ne pourra pas améliorer nos conditions. La communauté maghrébine doit se réveiller et agir, dans un contexte où l’extrême droite en Belgique et en Europe prend de plus en plus de terrain. C’est dans ce sens que pour moi le militantisme est le meilleur moyen de prise de parole. Mais dans Code rouge, on ne fait pas que de l’art engagé pour ne pas ennuyer notre public.

Vous avez vos propres studio et maison de production. Est-ce le moyen d’être indépendant ?
En effet, le fait d’être indépendant et de travailler avec nos propres ressources nous permet d’être plus libres quant aux choix des sujets abordés et puis tout simplement nous permet de faire ce qu’on aime. Si on passe par une grande production, c’en est fini pour nous avec des causes comme celle de la Palestine.

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