Narjiss Eljoubari peint le parapluie à la galerie d’art l’Atelier 21

Narjiss Eljoubari peint le parapluie à la galerie d’art l’Atelier 21

Une trentaine d’œuvres de l’artiste Narjiss Eljoubari seront exposées à l’espace de la galerie d’art l’Atelier 21 jusqu’au 5 mars 2011 à Casablanca. Les travaux de cette jeune lauréate de l’Institut national supérieur des beaux-arts de Tétouan, reposent sur un seul motif : le parapluie. Ce motif est peint sous différentes formes, rendu à sa forme élémentaire, sans couleurs ni ornements. Il est juste là et il finit par faire corps avec la peinture pour se fondre dans la matière. «La peinture est pour Narjiss Eljoubari un désir viscéral. Elle la vit et la revit comme une question d’identité et d’être. C’est pour cela qu’elle ne cesse de changer, de glisser hors de ses limites, comme pour explorer de nouveaux territoires de son propre imaginaire, ou plus exactement, comme pour s’approprier le visible afin de retrouver son intériorité vécue», a écrit Farid Zahi. Et d’ajouter : «La présence du peintre dans sa toile fait vibrer la surface et nous fait vivre intensément des moments variés de dense émotion, face à un univers si enfantin et si éclaté que Narjiss risque pour nous, pour elle-même dans la chaleur du paradoxe et l’ouverture sur des questions lancinantes». Interrogée sur le thème qu’elle a choisi, cette native de Meknès a indiqué que le motif «parapluie», signifie pour elle l’enfance, la ville et la civilisation. Elle peint des tableaux qui témoignent d’un tempérament attaché à la matière et peu enclin à séduire par la couleur. «Il n’y a pas que le parapluie dans mes toiles mais également de la matière. Je mélange beaucoup de matières tels le sable et le carton». En ce qui concerne les couleurs, l’artiste est en quête de lumière dans le noir, et de profondeur insondable dans le blanc. Paradoxe qui l’accompagne, dont elle explore les teneurs et les conteurs. Miroir noir qui reflète la lumière et la crée surface blanche qui vient se superposer au noir comme pour en émaner. Une sorte de double surface dont l’une est solidaire de l’autre. «À travers les deux couleurs opposants le blanc et le noir, j’ai voulu dévoiler que ces deux couleurs sont celles de la lumière, de la profondeur et de la sensibilité», ajoute-t-elle. Elle aime Goya et s’exprime dans de petits formats qu’elle rassemble ensuite pour leur conférer le caractère d’une seule œuvre. La puissance de son travail réside dans la pluralité des foyers énergiques. Dans ses peintures récentes, Narjiss Eljoubari privilégie les accidents de la matière. Elle aime répéter : «la peinture est plus forte que l’artiste. Il suffit d’être à l’écoute de la matière pour découvrir des possibilités insoupçonnées». Notons que cette exposition est organisée dans le cadre du cycle d’expositions annuelles de la galerie d’art l’Atelier 21 dédié à un jeune artiste. Tous les ans, un jeune plasticien, dont le sérieux et l’originalité attestent un avenir prometteur, occupera l’espace de cette galerie.

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