Nass El Ghiwane chantent de nouveau

Nass El Ghiwane chantent de nouveau

Beau cadeau de fin d’année pour les amateurs de Nass El Ghiwane. Les «Beatles casablancais» se préparent à lancer fin décembre, leur nouvel album intitulé «Ennhla Chama» (L’abeille Chama). Cet intitulé est également le titre de l’une des dix chansons de cet album. Il s’agit du titre d’un vieux texte, écrit en 1923 par le parolier Thami M’daghri. Interrogé sur le choix de cette chanson, Abdelkrim Chafa, membre de Nass El Ghiwane, nous a dit que le contenu de ce texte «est resté d’une actualité brûlante». Evoquant la société des abeilles, il traite du rapport complexe entre celui qui gouverne et ses sujets. «Le sultan est un thérapeute, le sujet est malade, mais le vizir s’abstient de le faire savoir au sultan», dit la chanson. «Touché par la profondeur de cette allégorie,  Hassan II avait demandé à Nass El Ghiwane de chercher le texte de cette chanson afin de l’interpréter», nous révèle M. Chafa. «Ce n’est que dernièrement que l’on a pu le dénicher dans un recueil de poèmes de Melhoune», se félicite M. Chafa. En l’interprétant, la bande à Omar Sayed veut donner, à titre posthume, une suite à une vieille commande du Roi défunt. Pour le reste, le nouvel album est composé de neuf autres chansons dont les textes ont été extraits du livre posthume de feu Larbi Batma intitulé «Errahil» (Le départ). Entre autres textes choisis, figurent «La tsalouni» (Ne me demandez rien), «Sal al kadi» (Demande au juge), «Challal» (Cascade), et «Hki li ya silm» (Raconte-moi, ô paix). Ces textes légués par Larbi Batma ont été revisités par son frère Abderrahim, auteur d’un recueil de paroles en dialecte marocain intitulé « Al Batma » en allusion à l’arbre généalogique de la famille des Batma. Deux frères de cette famille sont aujourd’hui membres du groupe Nass El Ghiwane : Rachid et Hamid. Ces derniers ont rejoint la bande à Omar Sayed après avoir fait leurs preuves dans un autre groupe célèbre de l’ex-Carrières centrales (Hay Mohammadi), en l’occurrence le groupe «Mesnawa». La même famille issue d’Aoulad Saïd (Chaouia) comprenait d’autres artistes comme l’ancien numéro un du groupe Lemchaheb, Mohamed Batma, décédé il y a quelques années des suites d’une longue maladie. Rachid et Hamid veulent aujourd’hui perpétuer ce legs avec Nass El Ghiwane. Hamid apporte à ce groupe sa dextérité de joueur de  «hajhouj» et le timbre de sa voix  exceptionnelle, alors que Rachid remplace son frère Larbi au tam-tam. Les deux héritiers constituent aujourd’hui les piliers d’un groupe qui, en dépit du «départ précoce» de Boujmii et de Larbi, continue à exister. Et à se produire. Après le lancement du nouvel album, les «Rolling Stone de l’Afrique», comme les a appelés le cinéaste américain Martin Scorsese, feront une tournée nationale et à l’étranger. L’occasion de découvrir leur nouvel album et de redécouvrir les vieux et, néanmoins, titres inoxydables d’un répertoire qui continue à faire le bonheur de milliers de fans de la chanson ghiwanie.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *