Omar Chraïbi : «L’univers des marionnettes m’a toujours intrigué»

Omar Chraïbi : «L’univers des marionnettes m’a toujours intrigué»


ALM : Qu’est-ce que vous a inspiré le thème du film « Tissée de mains et d’étoffe » ?  
Omar Chraibi : Je voulais toujours travailler sur les marionnettes. Ce monde m’a toujours intrigué et l’idée d’en faire une matière pour un film remonte à très longtemps dans mon enfance. Et le hasard a fait qu’un acteur qui interprétait un personnage dans un de mes films était un enseignant dans une école de théâtre. Il m’a parlé d’un jeune qui a quitté son village pour étudier dans cet établissement. Ce jeune villageois voulait devenir dramaturge. Il finissait vite par découvrir à sa grande déception que son rêve ne pouvait être réalisé que par de longues études en littérature. J’ai décidé ainsi de faire de cette histoire le thème du film sur les marionnettes. Et son scénario a été écrit par Hicham Lasri avec qui je travaille depuis des années.

Est-ce que l’histoire de ce film est bien adaptée à notre réalité actuelle ?
L’idée était de raconter une histoire sur  un monde exceptionnel. La trame du film tourne, évidemment, autour de la réalité sociale au quotidien. Nous sommes arrivés à imbriquer le monde magique de marionnettes à notre vécu. Le film a été bien accueilli par le public, nous n’avons constaté au cours de ses projections aucun refus ou résistance pour l’idée de sa réalisation.

Pourquoi ce film a pris du temps pour sortir en salles au Maroc ?
C’est un film qui devait sortir il y a huit mois. Et ce retard est dû au manque de salles de cinéma. Nous n’en avons plus que soixante neuf. Alors que ce secteur disposait de quelque 250 salles au lendemain de l’indépendance. Et avec ce nombre réduit de salles, nous- les cinéastes- sommes décidés de ne pas sortir deux films marocains en même temps. Nous devions attendre trois semaines après la  sortie de chaque film marocain pour la projection d’une autre production marocaine. Et comme il y a une liste longue de films marocains, j’étais dans l’obligation de patienter et d’attendre mon tour qui coïncidait avec l’été où les gens ne vont pas beaucoup au cinéma. Il y a eu par la suite la rentrée scolaire suivie par le mois de Ramadan.

Entre-temps, ce film a participé à des festivals au Maroc et à l’étranger…
Le film «Tissée de mains et d’étoffe» a obtenu plusieurs distinctions lors des manifestations cinématographiques au Maroc et à l’étranger. Il y a lieu de citer le prix du meilleur rôle masculin reçu par Tarik Bakhari lors du Festival international du film d’auteur de Rabat. Le film a été distingué par le prix du meilleur film et celui du meilleur rôle masculin au  Festival du cinéma marocain à Rotterdam (Pays- Bas). Il a obtenu le prix du montage lors du dernier festival national du film.  Il a participé au festival du film arabe de Fameck (France) où le film a reçu le prix spécial du jury jeunesse. Il a participé à Cinemazonia festival des cinémas des mondes métissés à Guyane (France).

Quel est l’apport des festivals sur le cinéma marocain ? 
Ils contribuent d’abord à faire connaître le Maroc. Nous y jouons, entre guillemets, les ambassadeurs de notre pays. D’ailleurs, les  professionnels étrangers et responsables de grandes manifestations cinématographiques au niveau international s’intéressent de plus en plus  à notre cinéma. Nous sommes invités à y prendre part et l’Académie des oscars venait pour la première fois d’inviter le  Maroc de se présenter dans le festival de Cannes. Notre cinéma a évolué et se distingue par son dynamisme et la qualité de ses films. Nous constatons ainsi que les tendances se sont inversées en notre faveur et nous sommes de plus en plus invités à des festivals à l’étranger. 

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