«Orient Fantasmé» : Pour une réappropriation du corps et des codes

«Orient Fantasmé» : Pour une réappropriation du corps et des codes

Elle rassemble des affiches orientalistes et des œuvres d’artistes contemporaines

Après l’exposition «Ajammar», le Musée de la fondation Slaoui accueille cette fois-ci «Orient Fantasmé». C’est une exposition inédite rassemblant des affiches orientalistes de la collection du Musée et des œuvres d’artistes contemporaines. «En imaginant un dialogue entre affiches d’époque coloniale et création contemporaine, l’exposition dessine une analyse des codes de représentation utilisés dans la construction par l’image d’un certain Orient», explique à ce sujet Laura Scemama, commissaire de cette exposition et directrice du Musée Slaoui. Et d’ajouter que «les affiches publicitaires des années 1930 à 1960, vantant les colonies aux peuples européens, reflètent cette construction de l’Orient par l’Occident. Diffusées en masse, les «réclames» ont contribué à la création d’un Autre fantasmé, exotisé et bien souvent essentialisé. Les artistes contemporaines marocaines et tunisiennes présentées dans l’exposition empruntent, quant à elles, l’imagerie de l’Autre pour questionner leur propre condition aujourd’hui et à travers l’histoire et penser une (ré)-appropriation du corps et des codes».

De ce fait, le public découvrira les œuvres de la Tunisienne Héla Ammar. Son travail photographique questionne les notions de mémoire et d’identité par-delà les références et conventions sociales, politiques et religieuses. Co-auteur, d’une enquête sur les couloirs de la mort en Tunisie (2013), elle a ensuite développé un ensemble d’installations sonores et visuelles dépeignant pour la première fois l’univers carcéral tunisien.  On retrouve également l’artiste franco-marocaine Yasmina Bouziane.

A travers sa série d’autoportraits «Inhabited by Imaginings We Did Not Choose», elle restaure l’intégrité des Marocaines qui, jadis, furent photographiées pour le recensement des différentes physionomies arabes. Le titre lui-même, «Habités par des imaginations que nous n’avions pas choisies», correspond à une thèse critique. La série se présente comme une courte histoire visuelle. À la façon des cartes postales anciennes, usant de la mise en scène du studio, la photographe incarne devant son objectif tous les rôles, du modèle à celui de photographe. L’exposition donne également à voir la Marocaine Lalla Essaydi. Cette artiste utilise différents médiums dont notamment la peinture, la calligraphie, l’installation, la photographie argentique et la vidéo, au travers desquelles elle questionne les images de l’identité féminine arabe avec grâce et élégance. Lalla Essaydi vit actuellement aux Etats-Unis. Elle est titulaire d’un Master of Fine Arts de la prestigieuse School of the Museum of Fine Arts – Tufts University, elle reçoit, en 2012, la SMFA Medal Award du Museum of Fine Arts de Boston pour son influence dans le monde de l’art. En dix ans seulement, elle a réussi à gravir les échelons du succès, en entrant dans les plus grandes collections et musées du monde. L’exposition «Orient Fantasmé» est visible jusqu’au 29 septembre  2018.

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