Othman Benhami : «Le hip hop est aussi une école de valeurs à partager»

Othman Benhami : «Le hip hop est aussi une école de valeurs à partager»


ALM : Pourquoi «Hip hop Madrassa» comme titre pour cet événement? Le hip hop est-il finalement une école, «Madrassa» ?
Othman Benhami :  Le hip hop, c’est une culture et toute culture est une école. A travers, «Hip hop Madrassa», nous souhaitons pallier le côté éphémère de tant de festivals, approfondir le volet instructif, et pourquoi pas formateur, auxquels peuvent se limiter de simples rencontres musicales. Ainsi il sera question d’ateliers de perfectionnement et d’encadrement destinés à peaufiner le talent des jeunes. Nous souhaitons aider ces derniers à exploiter leur potentiel et à réussir à s’exprimer plus facilement. C’est une formation-accès sur six ateliers, le Djing, la présence scénique, les techniques d’écriture, la break-dance, graffiti sans oublier le MAO ( musique assistée par ordinateur).

Comment se sont déroulées les premières journées ? Et qu’est -ce qui marquera les prochaines?
Déjà que pour la première journée, l’on a reçu quelque 80 candidats venus en plus de Meknès, de Taza et Fès. Notre aspiration est que cette manifestation devienne un rendez-vous annuel, qui s’élargit à plusieurs autres villes du Royaume. Aussi cette manifestation se clôturera par le concert de «Scred Connexion», un groupe expérimenté et présent dans la scène du hip hop français depuis les années 90. Plusieurs de ses membres ont fait office de formateurs aux côtés d’autres artistes marocains et étrangers, des membres des groupes H-kayn et Calibre, ainsi que des producteurs de renom qui ont produit des figures du rap comme Diams et Bouba…

Comment est née cette initiative ?
Cette initiative est née de la rencontre entre l’association Urbain Style (à l’origine de H-Kayn) et l’association Art D’waz France qui partage nos convictions et avec laquelle on a jumelé nos efforts. On essaie de se détacher de cet égoïsme qui prévaut dans la carrière d’un artiste et qui consiste à ne s’intéresser qu’à sa propre réussite. On essaie de partager gracieusement toute l’expérience qu’on a acquise parce que le hip hop est aussi une école de valeurs à partager. Il faut aussi dire qu’on a bénéficié du soutien de l’Institut français de Meknès, ainsi que du soutien de plusieurs partenaires notamment Air Arabia qui s’est chargé du transport des artistes de France.

Comment évaluez-vous les jeunes rappeurs ?
Bien sûr, il y a plus de talent que lorsque nous étions à nos débuts, parce qu’il y a plus de médiatisation ( Internet et TV) , et plus de moyens techniques ( PC et autres). Mais il faut que les jeunes se démarquent, aient leur propre identité artistique basée sur leur caractère et leur parcours personnel. Mis à part quelques artistes qui sortent du lot, la scène rap cherche toujours sa place. Il faut que les jeunes imposent leur personnalité et arrêtent de suivre la vague. Il ne faut pas faire comme H-Kayn, Bigg ou autres, il faut ramener sa graine.

Quelle est l’actualité de H-Kayn ?
Il y a plein de dates dans diverses scènes à travers le Maroc. Nous préparons aussi trois clips : un clip avec le label Funky Noise et Dj Key, et deux autres coproduits par 2M de titres issus de notre album « H-kaynologie» sorti il y a huit mois.

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