Ouarzazate : M’Goun : De jolis sentiers pour les transhumants

Parcourant les sentiers de M’Goun ( Province de Ouarzazate) vous donne l’opportunité de s’ouvrir sur un horizon riche en paysages verdoyants des cultures  à travers un plateau désertique dans les hautes montagnes ainsi que des itinéraires qui vous offrent une détente de rafraîchissement dans des randonnées sauvages au cours d’un parcours privilégié des transhumants. On trouve par exemple une randonnée tout en contrastes du plateau steppique d’Asselda, aux douars animés et verdoyants en passant par les profondes gorges d’Amajgag. Où dans une ambiance alpine au  fil de l’Assif-n-Ait Ahmed et de la cascade de Tichki. A citer aussi le lit de l’Oulilimit, point de repère des transhumants qui offre des paysages géologiques uniques dans l’Atlas Marocain en plus précisément à M’Goun.
Le mot M’Goun vient de l’histoire de Amgoun, 13ème fils de Dada Atta, ancêtre berbère appartenant à des Ait Atta originaire de Saghrou. Malheureusement  il y a très peu d’éléments historiques décrivant l’histoire précise de la tribu M’Goun. Généralement chaque fraction des M’Goun possède sa propre histoire. Les tribus installées dans le sud du Haut Atlas sont des populations nomades d’origine amazighe. Certaines familles vivent de la transhumance tandis que d’autres sont sédentaires et pratiquent l’agriculture dans les vallées. La rudesse du climat et du conditionne le mode de vie des transhumants. Ils se déplacent de la plaine là où la haute montagne suivant les saisons et pousse la végétation.
Contrairement aux nomades qui se déplacent tout le temps et qui n’ont pas d’habitat fixe, les transhumants disposent de deux habitations au minimum sur le parcours de transhumance. Il s’agit, soit de leur propriété, soit d’un abri collectif. Ils ont en général un point d’attache dans un village (douar). Une partie de leur famille (parents, frères, sœurs)  réside et travaille au village. En ce qui concerne leur habitat, cette dernière est adaptée au milieu.
En effet, il existe deux types d’habitat spécifiques aux transhumants, à savoir « Iffri » sorte d’habitation troglodyte dans des grottes creusées dans les montagnes, elles sont exposées à l’est pour bénéficier des premiers rayons du soleil et être à l’abri des vents dominants. « Izri » sorte d’habitation en pierres sèches qui abrite à la fois les transhumants et leur troupeau. Le toit est recouvert de perches en bois de genévrier et de terre pour le rendre imperméable. Le nombre de pièces dépend des besoins familiaux. En général, on trouve deux pièces (la cuisine et la chambre) pour le berger et sa famille et une partie de l’habitation est destinée aux animaux.
Les transhumants appliquent la loi dans leur vie par la désignation des tâches de chaque membre de la famille. En effet, la répartition des rôles au sein du foyer se fait que chaque membre de la famille à des tâches à faire. L’homme s’occupe de toutes les activités liées aux transactions d’argent (approvisionnement, achat du bétail…) Il détient le pouvoir de décision dans la famille tandis que la femme s’occupe de toutes les tâches quotidiennes. « Chaque jour, je fais le même travail outre les taches ménagères et la cuisson
des repas, je m’occupe de la transformation du lait, la collecte du bois de feu, l’éducation des enfants, le tissage de tapis et les vêtements, mes enfants m’aident pour faire le pâturage, la recherche du bois de feu, l’approvisionnement en eau », nous a déclaré Itto, transhumante âgée de 43 ans et mère de 5 enfants. La rencontre des transhumants vous fait vivre dans un monde original où la transmission de la tradition et du savoir-faire chez les transhumants se fait de génération en génération. Les enfants sont impliqués très tôt dans les activités quotidiennes. Tous les membres de la famille transmettent le savoir.
Conscient de conditions de vie rudes des transhumants, le projet de Conservation de la biodiversité par la transhumance dans le versant du sud du Haut Atlas (CBTHA) a initié des activités en vue d’améliorer le niveau de vie des transhumants. L’école et la santé sont deux exemples qui témoignent sur les priorités dont les transhumants ont besoin.
« Nous avons crée en faveur des transhumants une école mobile et un dispensaire mobile qui reçoit plusieurs patients transhumants désormais en difficulté.Le CBTH a travers un programme essaye de faire de son mieux pour simplifier le vie des transhumants », nous a déclaré Aziz Rahou, ingénieur agronome, coordinateur national du projet CBTH.
L’agriculture se pratique dans les vallées le long des oueds et sur des terrasses en aval des sources. Le système de production végétale est très diversifié et orienté vers l’autosuffisance familiale et l’alimentation du cheptel sédentaire. La culture de certaines espèces est en cours  de disparition, les espèces locales chez les transhumants sont encore là. Parmi celles-ci, on peut citer le millet (tafssoute), l’orobe (ikeker) et le mil (anneli). Et pour protéger cette culture, un micro projet en partenariat avec l’association «Awrasch» de R’bat pour sauvegarder et encourager la culture de ces variétés locales en voie de d’extinction. L’objectif à terme serait de les commercialiser d’après un membre de l’association. Les transhumants possèdent leurs propres manières vis-à-vis de la gestion des troupeaux.
L’effectif total du cheptel transhumant chez les M’Goun s’élève à environ 40 000 ovins, 30 000 caprins et 380 dromadaires. Le troupeau se compose en moyen de 200 à 300 têtes. L’alimentation du troupeau se fait essentiellement sur les parcours. Cependant, en période de disette, les transhumants ont recours complètement au fourrage. Traditionnellement les mâles et les femelles ne sont pas séparés pour étaler les naissances tout au long de l’année et garantir un revenu régulier au transhumant. Mais il faut faire attention aux chiens surtout lorsque vous passez à proximité des habitations et des bergeries, vous entrez dans leur territoire et ils sont là pour le défendre.
Le territoire des M’Goun présente une diversité socioculturelle en terme de transhumance désormais parmi les plus riches régions du Maroc en matière de la biodiversité dans un espace sauvage où dominent le soleil et l’air sec et où les êtres humains et leurs bêtes vivent en harmonie dans un milieu naturel encore sauvage et préservé.

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