Oujda, le patrimoine oublié

Oujda, le patrimoine oublié

Au Maroc, le développement du tourisme est un choix stratégique avec l’objectif d’atteindre 10 millions de touristes en 2010. Son caractère transversal met en jeu les territoires, le patrimoine naturel et humain. Oujda, qui adhère doucement, mais sûrement à cette donne, peut mettre en exergue une multitude d’atouts et en premier lieu l’espace de sa médina.
Un patrimoine architectural avec une vingtaine de centres d’intérêt touristiques. Seulement, elle a besoin d’une approche intégrée pour une exploitation réfléchie de ses richesses. Certes, plusieurs actions de mise à niveau pour revaloriser les monuments historiques ont été décidées. “Babs“, ruelles, mosquées et fondouks ont connu ou connaissent des travaux de restauration et d’embellissement. La muraille qui longe l’ancienne médina a été complètement refaite, “Bab Elgharbi“ ainsi que le célèbre “Bab Sidi Abdelouahab“ viennent de bénéficier d’une «touche de jeunesse» qui les a réellement revalorisés. Le musée Lalla Meryem subit une refonte totale de son espace. Les concepteurs doivent comprendre qu’il s’agit là d’un musée galerie et non d’un simple espace vert. Ce musée est destiné à abriter tout ce qui se rapporte à l’ethnographie et aux arts du spectacle. 
Le culturel et l’historique, sources d’inspiration et de revenus, jouent un rôle de premier ordre dans la pérennisation du patrimoine et la préservation d’une culture authentique. Ils peuvent aussi être attractifs sur le plan touristique et susciter un intérêt particulier pour les autres produits du terroir. L’artisanat, entre autres, peut en tirer profit et contribuer au développement durable tel qu’il est préconisé par l’INDH. Les enjeux et les perspectives de ce secteur sont d’une importance capitale. Ce patrimoine culturel peut donc générer d’importantes  recettes.
Dans le cadre de ces enjeux et perspectives, il s’avère donc urgent d’entamer de réelles approches de proximité pour les prémunir du péril qui les menace. Pour ce faire, les  institutions  en place peuvent pressentir des solutions réfléchies  qui favorisent la sauvegarde de ce patrimoine.
Concrètement, le premier rôle des élus et des autorités locales est d’assurer une réelle protection par le biais d’une série de mesures visant à préserver l’identité culturelle d’Oujda au sein de ce contexte mondialisé en rapide évolution. Ce n’est pas toujours le cas. Car, contrairement aux efforts de mise à niveau, une activité commerciale informelle se développe aux  alentours de ces monuments et met en péril toutes les initiatives de mise en valeur de ces sites. Souvent, ces activités bénéficient d’autorisations occasionnelles et limitées dans le temps. Mais lorsque le provisoire s’éternise, c’est toute une population qui en souffre et un espace culturel qui se dégrade. C’est le cas notamment des artères qui contournent «Jamaâ Lakbir» ou la sortie de Bab Sidi Abdelouahab ainsi que pour les «Kissariates» grouillant d’artisans traditionnels.
Des questions se posent. Quelles sont les mesures à prendre pour protéger ces monuments historiques ?  Quelles sont les démarches à suivre pour les conserver tout en les valorisant culturellement et économiquement ? 
On constate, dès lors, que les efforts visant à réhabiliter ce patrimoine sont aussi nombreux, complexes et multidimensionnels.  Pas un seul mécanisme et pas une seule méthode. Les enjeux et les solutions se situent à plusieurs niveaux : planification au niveau des services municipaux, de la communication et coordination entre les services concernés par la protection du patrimoine, nécessité d’une culture d’implication citoyenne, sensibilisation des commerçants ambulants… Et surtout veiller à la bonne application des orientations préconisées dans ce domaine.

Pour une réelle valorisation de la médina

Oujda s’apprête à organiser un colloque international sur le tourisme et le développement durable les 9 et 10 mai. Une opportunité pour sensibiliser à l’importance de la protection de son patrimoine culturel. Parmi les sites ciblés, la médina semble prioritaire. Ce patrimoine de 1250 maisons, dont 41 % à caractère traditionnel, représente la mémoire architecturale de la ville. C’est sous l’impulsion de la wilaya d’Oujda et en étroite collaboration avec le  département de l’Habitat et de l’Urbanisme, de la Direction régionale de la culture et de l’Agence urbaine d’Oujda que plusieurs projets ont été réalisés  concernant le pavage des ruelles, le déblaiement des ruines et la consolidation des maisons menacées d’effondrement. D’autres actions sont en cours de réalisation. Il s’agit de l’aménagement des places se trouvant à l’intérieur de la médina. C’est le cas pour les places Sidi Ziane, Attatrine, El Kasba  et souk Elma.

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