Oum : «Un album est une partie d’un artiste dans un espace temps donné»

Oum : «Un album est une partie d’un artiste dans un espace temps donné»

ALM : Sweerty, pourquoi cette appellation ?
Oum : Sweerty veut dire chance, il vient du mot espagnol «suerte». Il y a dedans la chance, le destin, aussi quelque chose de magique et fantastique qui renvoie à l’univers de l’enfance, parce que chez nous à Marrakech on appelle également sweerty les petites fêtes foraines. Donc, cela signifie toutes ces choses pour moi, c’est quelque chose de ludique, mystérieux et mystique. Il s’agit d’un album composé de 14 titres outre un bonus avec la chanson «Oum song» que j’ai faite avec Manu Dibango, que j’ai enregistrée pour son album «Past present future». Il m’a autorisée à la mettre sur mon album. Pour le mien, il y aura deux versions dont une avec un livret contenant les paroles de mes chansons et mes dessins.     

Cet album était prévu de sortir en printemps dernier. Qu’est-ce qui explique ce retard?
On peut appeler cela un retard mais aussi prendre son temps pour bien faire les choses. Je pense qu’être en retard avec un album au Maroc ce n’est pas vraiment très grave parce qu’il ne va ni être beaucoup vendu ni trop faire le tour des scènes. L’album est produit par la société marocaine «Lofmusic» qui est la mienne. On a voulu faire les choses dans les règles de l’art et avec des normes internationales parce que l’intérêt aussi est de pouvoir s’exporter. Par ailleurs, l’album a été produit entre le Maroc et la France où il a été enregistré et mixé. Il y a eu plusieurs de déplacements et  beaucoup d’argent qui a été mis sur ce projet.

Est-ce que les thèmes de toutes les chansons de l’album abondent dans le sens de Sweerty?
Sweerty c’est comme le manteau qui va englober tout et après à l’intérieur il y a plusieurs vêtements, chacun a une couleur et texture. Il y en a ceux qui ont un thème plus léger que d’autres ou plus coloré que d’autres ou encore plus doux que d’autres. Il y a des chansons qui parlent d’amour, de partage et de spiritualité. Je citerai aussi une chanson appelée «Harguin» où je parle d’immigration clandestine, elle est sortie en juillet ; une autre qui parle de mondialisation intitulée «Aoulama». Je parle également de rêve à travers «Menama». Au fait, c’est tout ce que j’ai un peu vécu pendant la création de cet album. Celui-ci est pour moi comme un album photo qui nous rappelle une période donnée. Pour l’album, chacune des chansons nous renvoie au moment où on l’écrivait et réalisait. Un album pour un artiste, c’est une partie de lui dans un espace temps donné. Alors, Sweerty c’était moi de 2010 à début 2012.

Qu’en est-il des rythmes adoptés dans cet album?
Ce sont les mêmes musiciens qui jouent, ils sont très imprégnés de jazz, soul et hip hop. J’ai voulu faire un album soul avec une petite épice de jazz et je pense que j’ai trouvé en eux les bonnes mains.

Quel message voulez-vous adresser à travers la pétition partagée dernièrement sur Facebook?
Le message s’adresse à tous les artistes et à ceux qui veulent les soutenir. A travers cette pétition on demande un audit indépendant du Bureau marocain des droits d’auteur. On a besoin d’explications, on veut savoir où partent nos droits et où part clairement notre argent. On veut que des fautifs soient jugés s’il y en a.      

A quand des vidéoclips pour les chansons de l’album?
Cela demande beaucoup d’argent. On a même fait un clip pour «whoa» tourné et réalisé par Marc Silver, réalisateur anglais. J’aimerais bien faire encore un ou deux vidéoclips, mais encore, je vais prendre un petit peu mon temps parce qu’il faut bien que j’attende d’avoir les moyens. Ce serait bien qu’il y ait des subventions, malheureusement cela n’existe pas. J’aurais bien aimé faire le clip de Aoulama, c’est un morceau qui s’y prête beaucoup. Je lance un appel pour toute proposition à cette occasion.

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