P.O : Le monde de la presse fait bloc

L’organisation de défense de la liberté de la presse RSF, basée à Paris, a dénoncé mardi, dans un communiqué, l’interdiction par Israël de la présence des médias à Ramallah, assiégée depuis le 31 mars dernier. Reporters sans Frontières souligne qu’il s’agit d’une «première» depuis le début de la seconde Intifada, il y a dix-huit mois. «La décision israélienne d’interdire Ramallah à la presse marque une nouvelle atteinte grave à la liberté de la presse dans les territoires occupés», ajoute l’ONG. Dans le communiqué, le secrétaire général de RSF, Robert Ménard, appelle « les autorités civiles israéliennes à revenir immédiatement sur cette décision». «Laisser l’occupation israélienne de Ramallah sans témoins, c’est faire le lit de la rumeur et de la désinformation», précise le texte.
RSF a par ailleurs recensé 52 journalistes blessés par balles dans les territoires occupés, dont l’armée israélienne serait «l’auteur dans la majorité des cas». l’ONG rend aussi Tsahal responsable de la mort du journaliste italien, Raffaele Ciriello, survenue le 13 mars dernier. Ce mardi, à Beit Lahm, un caméraman de la chaîne Al-Jazeera a également été blessé d’une balle à la tête tandis qu’une journaliste turque bloquée à Ramallah pendant quatre jours a finalement pu être évacuée avec l’aide de la Croix-Rouge. Avant son départ, Mme Karabat a accusé l’armée israélienne de mettre en danger la vie des reporters étrangers restés bloqués dans la ville alors qu’ils y sont en principe interdits. «Un responsable du service de presse de l’armée (israélienne) m’a informée qu’ils ne disposaient pas de véhicule pour nous sortir», a-t-elle expliqué. «Il a alors suggéré : pourquoi ne prenez-vous pas un taxi ? je suppose qu’il était sérieux», a ajouté la reporter âgée de 30 ans.
Ce même mardi, le Comité de protection des journalistes (CPJ) basé à New York, s’est joint à la vague de protestations et a aussi accusé Israël d’atteinte à la liberté de la presse «en interdisant la présence de journalistes à Ramallah». «Empêcher les journalistes de se trouver dans une zone de conflit constitue une censure», a indiqué la directrice exécutive du CPJ, Ann Cooper, dans un communiqué ajoutant que les journalistes ont le «devoir» de couvrir l’offensive militaire israélienne à Ramallah. «Nous sommes profondément troublés par la volonté israélienne évidente d’empêcher les journalistes de témoigner de ses activités en Cisjordanie», a-t-elle ajouté.
Un journaliste américain blessé dimanche à Ramallah, Anthony Shadid du journal Boston Globe, a indiqué au CPJ qu’il avait été blessé par un seul tir dans une zone encerclée par des chars et des soldats israéliens. Lundi, les forces israélienne ont également pris pour cibles sept manifestants pacifistes et un cameraman palestinien. Ils ont aussi ouvert le feu sur une voiture à bord de laquelle se trouvaient des journalistes. «Ramallah est une zone militaire fermée.
Les journalistes n’ont pas le droit de s’y trouver», a alors indiqué dimanche le porte-parole de Tsahal, le lieutenant-colonel Olivier Zafowicz. Si l’on suit le raisonnement de l’armée israélienne, pourquoi ne permet-on pas aux journalistes d’être évacués de la ville au lieu de les prendre pour cibles ?

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