Culture

Palmarès cinéma 2012 des critiques du journal «Le Monde»

© D.R

Un film marocain a été retenu par les critiques du journal français «Le Monde». Le choix s’est porté sur le long-métrage de Leila Kilani «Sur la planche» qui avait été accueilli favorablement par la critique hexagonale à sa sortie en début de l’année en France. En effet, la réalisatrice marocaine a réussi à convaincre les critiques français par cette première expérience cinématographique. «Le Monde avait salué le long-métrage, avec ses défauts et son énergie», comme «un diamant brut, un chant de liberté», relève-t-on. Le chroniqueur soulignait «une imperfection désirable» de l’œuvre recélant «une magie noire susceptible de conquérir le cœur du public : pêche d’enfer, gang de jeunes actrices explosives, hold-up poétique». «Sur la planche» a par ailleurs raflé plusieurs récompenses, notamment le Grand prix du Festival national de Tanger (2012), le prix du Festival Maghreb des films (Paris-2012) ou encore le prix du l’«African, Asian and Latin America Film Festival» (Italie-2012). Le film met en avant ainsi le rêve d’évasion de quatre jeunes filles de 20 ans, ouvrières dans des usines de crevettes et de textile à Tanger, qui vont jusqu’au cambriolage pour tenter de se détacher de leur condition. L’intrigue, élaborée et mise en scène par Leila Kilani, est inspirée d’un fait divers relaté en 2005 qui évoquait la féminisation de la criminalité avec une bande de «fille qui repéraient des hommes dans les cafés et les dévalisaient». Ont pris part à cette production, Soufia Issam, Mouna Bahmad, Nouzha Akel et Sara Betioui. Notons que sur » «Sur la planche» clôture le top 5 récompensant les premiers long-métrages «habités par des figures féminines et guerrières inoubliables». Les films de la sélection ont tous en commun : «la modestie de leur budget, qui se révèle inversement proportionnelle à leur envergure esthétique et morale. Forts, beaux, libres et fiers : ils auront été tout ce qu’un certain ordre mondial s’efforce aujourd’hui d’enlever aux hommes». Ils racontent «une histoire qui pourrait s’intituler, en hommage à Dostoïevski, Carnets du sous-sol. Ce sont tous des récits d’inframonde, de limbes sociales ou historiques, de retours de la mort. La survie est leur enjeu», souligne le critique du journal «Le Monde» en présentation de la sélection.

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