Peintures à quatre mains

Travailler à quatre mains sur un même tableau, c’est à cela que se sont attachés l’écrivain-peintre marocain Mahi Binebine et le peintre espagnol Miguel Galanda. Cette démarche rappelle moins une composition pour piano à quatre mains qu’une partition concertante. Concerto, parce que le faire de chaque peintre est distinct, et que si leur union enrichit le résultat final, il n’en demeure pas moins que l’espace peint par chaque artiste est reconnaissable, divisible.
Le moteur de ce travail en commun est l’amitié qui lie les deux hommes. Il est ici oiseux d’alléguer une quelconque fusion entre deux rives de la Méditerranée ou un dialogue entre deux cultures. Autrement, chaque fois qu’il aura rencontre entre un artiste du Sud et un autre du Nord, on y verra une symbiose entre leurs cultures respectives. C’est facile, rarement vrai et ça réduit un travail dont la nature est avant tout esthétique à des considérations de bon voisinage. Une chose est le travail fondé sur des parentés esthétiques et autre chose est le discours sur la fraternité des peuples. Si l’on tient absolument à reconnaître une fusion entre la culture de Binebine et celle de Galanda, elle se lit dans leurs signatures respectives. Le Marocain signe en arabe, l’Espagnol en caractères latins.
Au demeurant, on reconnaît aisément l’apport de chaque peintre dans les tableaux qu’ils ont cosignés. Galanda est connu pour les corps humains avec des formes amples, se ressentant de l’influence des Baigneuses de Picasso, et Binebine par ses masques. Ce travail est mis en valeur par une scénographie et un éclairage ingénieux. Ces tableaux prennent un autre intérêt lorsqu’on les voit dans le musée de Marrakech. Ce cadre les dote d’un surcroît d’émotion.

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