Petit écran, grandes attentes

Petit écran, grandes attentes

2004 a été une année exceptionnelle pour le PAM (Paysage audiovisuel mar- ocain). Les annales médiatiques retiendront que cette année était celle de la transition cathodique. Une transition vers la libéralisation d’un secteur stratégique, longtemps demeuré dans le giron public.
Le monopole de l’Etat sur le champ audiovisuel devrait cesser en début 2005 et bientôt d’autres chaînes de télévision et stations de radio feront leur apparition. Pour accompagner ce chamboulement du PAM, la RTM a anticipé en entamant une restructuration, de pied en cap. La chaîne de rue El Brihi a commencé par s’offrir un léger lifting : une nouvelle charte visuelle, un studio d’information aux allures modernes, des jingles animés…Le personnel, par contre, est une autre paire de manches. En passant du statut de service public à celui de société anonyme, la RTM devrait également se gratifier d’une liposuccion côté masse salariale. Si l’année 2004 était la dernière étape avant l’avènement de la Société nationale de radio et de télédiffusion (SNRT), elle était surtout celle d’un changement palpable, quoique timide, au niveau de la programmation, en l’occurrence le pôle «Informations» de la chaîne.
Le nouveau souffle s’est matérialisé avec l’arrivée d’Ali Bouzerda à la tête de la divisions, «Informations» de la chaîne et la transformation du JT de 20 heures à un défilé d’informations non-stop, d’abord en arabe et puis en langue française. Et la bouffée d’oxygène que la chaîne s’est offerte est cette nouvelle vague de jeunes journalistes. Mais l’événement-phare dans la grille des programmes de la chaîne de rue El Brihi reste, incontestablement, la première émission sportive de téléréalité dans le monde : «Pied en or». Ce qui est apparu au début comme une simple aventure télévisuelle s’est transformée en un énorme succès pour la chaîne et pour les concepteurs de l’émission. La téléréalité, la deuxième chaîne a su également en faire ses choux gras. Studio 2M, Star Academy à la marocaine, est le joyau des programmes de la chaîne d’Aïn Sebaâ en 2004. L’autre joyau, mais à titre commémoratif cette fois-ci, est son « 15 Ans, 15 Talents ».
Pour cette émission, 2M a pris son bâton de pèlerin et a sillonné le pays à la recherche des animateurs et des humoristes de demain. Une récolte qui s’est avérée, in fine, infructueuse puisque les deux gagnants n’ont pu ni donner la pleine mesure à leurs potentialités et à leurs savoir-faire, ni trouver le bon concept à leurs émissions. Côté pôle «informations», la deuxièmes chaîne a connu des hauts et des bas durant l’année 2004. Les émissions politiques ont cédé la place à d’autres à coloration plutôt sociale. Malika Malek, la journaliste de « Fi Al Wajiha », a bien quitté la chaîne d’Aïn Sebaâ pour apparaître sur Al-Hurra avec « L’autre dimension ». Et de nouvelles émissions ont fait leur apparition dans la grille des programmes telles que « Sans Titre», «Rouh Al-Moubadara»…Le PAM s’est égayé, en 2004, avec la toute récente radio coranique « Mohammed VI », inaugurée Ramadan dernier.
Cette nouvelle venue dans notre champ médiatique a été suivie par un décrochage régional de Laâyoune et par le lancement d’une chaîne de télévision satellitaire, Al-Maghribia. Cette chaîne est destinée aux Marocains résidant à l’étranger et diffuse une sélection de programmes de nos deux chaînes nationales. Ces dernières savent qu’elles vivent les derniers moments de l’avant-libéralisation. Elles savent, surtout, que les demandes d’autorisation pour la création de télévisions et de stations de radio se pressent au portillon de la HACA (Haute Autorité de la communication audiovisuelle). La concurrence sera rude face à un marché publicitaire très restreint. Les jours qui viennent en diront beaucoup plus.

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