Phénomène : L’envol des nouveaux riches chinois

Phénomène : L’envol des nouveaux riches chinois

Comment les millionnnaires chinois dépensent-ils leur argent après avoir acquis maisons et voitures de luxe ? En achetant des petits avions, leur nouvelle marotte.Dans une résidence très chic à une demi-heure du centre de Hangzhou, capitale de la riche province orientale du Zhejiang, Wang Lisheng fait les cent pas sur une immense piste en gazon.
«Il a plu hier, il faut que je vérifie le terrain», explique le jeune instructeur qui initie depuis un an de riches chinois aux pilotage de petits appareils.
«Il y a deux types de clients: les entrepreneurs que cela amuse et ceux qui veulent apprendre pour se lancer dans l’industrie ensuite», explique le jeune homme de 28 ans. Lui a réalisé un rêve d’enfant et aime surtout survoler les paysages de montagnes et de rivières, particulièrement celles de son Sichuan natal.
La clientèle est essentiellement constituée d’entrepreneurs qui cherchent à montrer leur réussite, au même titre qu’une belle voiture. Signe qui ne trompe pas, la compagnie Yueqing Air, spécialiste des appareils, vient d’ouvrir son premier point de vente dans un quartier qui rassemble tous les concessionnaires automobiles. Mercedes, BMW ou Cadillac sont voisins de l’espace de démonstration, devant lequel trône un hélicoptère blanc et rouge.
«Nous sommes plutôt contents, depuis l’ouverture le 15 septembre, nous avons écoulé dix appareils», explique Deng Fushen, responsable du magasin.
Après avoir vendu des voitures haut-de-gamme pendant huit ans, il a trouvé parfaitement «logique de passer aux avions privés. C’était l’étape d’après».
Petits planeurs, avions bi-place, hélicoptères, Yueqing Air vend plusieurs types de produits pour séduire une clientèle qui recherche toujours de nouvelles idées pour dépenser ses millions.
Ici, un avion coûte entre 800.000 et 1,2 million de yuans (100.000 et 170.000 dollars) et les deux modèles les plus populaires (un hélicoptère léger et un bi-planeur) sont produits en Chine, à Xian, dans la province du Shaanxi (nord-ouest).
Jack Xu, homme d’affaires de Hong Kong, fondateur et PDG de Yueqing Air, ne se contente pas de vendre des avions, un marché restreint. Il a créé en 2005 un club qui rassemble les amateurs.
Moyennant une cotisation qui plafonne à 50.000 yuans, les membres du club peuvent profiter de différents services: maintenance d’un appareil, cours, rassemblements etc… «Cela n’occupe pas encore la majeure partie de mon temps, je continue de gérer mes affaires dans l’immobilier et les machines électroniques», précise M. Xu, qui ne cache pas tisser ainsi des liens avec les nouvelles fortunes de Chine continentale, bien utiles pour l’avenir.
Le réseau est déjà important aujourd’hui, avec 20.000 membres, dont la plupart habitent à Wenzhou, ville commerçante de la côte du Zhejiang. M. Xu espère pouvoir vivre de cette nouvelle activité «dans les deux ans qui viennent». «Mais ces plans pourraient bien être différés. La réglementation de l’espace aérien chinois est encore très contraignante. 30% seulement du ciel est ouvert en Chine, et toujours très contrôlé par l’armée. «Ce n’est pas possible de voler de Hangzhou à Shanghai par exemple car les deux villes ne font pas partie de la même province», explique l’instructeur Wang. Autre complication: le manque d’infrastructures. La Chine compte au total 196 aéroports, dont une quarantaine capte 90% du trafic. Le réseau des tarmacs limite considérablement les envies d’escapades des nouveaux riches chinois.


• Julie Desne  (AFP)

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